Lecture de l'énoncé
En général, vous serez amenés à résoudre un cas pratique reprenant fictivement des cas ayant déjà fait l'objet d'un litige en justice - ou amenés à l'être incessamment lorsqu'il s'agit d'une question problématique actuelle, ainsi l'énoncé reprendra différents faits à traiter soigneusement.
Ceci se fera par une première lecture attentive de l'énoncé, en regard avec les éventuelles remarques de l'assistant sur la matière juridique à laquelle il se rapporte. Il ne faudra négliger aucun élément !
Le temps d'une réflexion globale sur le cas et le ou les point(s) de droit à traiter vous permet de prendre le recul nécessaire à une perception claire et juste de ce qui vous est demandé.
Une seconde lecture s'impose ensuite (utilisez un crayon) pendant laquelle vous mettrez en exergue les seuls éléments pertinents se trouvant dans votre énoncé (en cas de doute, mieux vaut ne pas d'emblée considérer une partie de l'énoncé comme insignifiante, c'est peut-être le « piège » de l'énoncé ou la réponse à une probable « sous-question » qui se posera par la suite) : pour le reste, il vous faudra absolument vous détacher des éléments « purement factuels » !
En effet, beaucoup d'étudiants sont biaisés par des faits qui ne sont indiqués dans l'énoncé que pour donner un contenu plus véritable au sujet et corroborer les autres, ils devront impérativement être détournés de votre attention car le risque est important : certains étudiants, ne sachant parfois pas tout simplement distinguer l'essentiel, s'attardent trop longtemps sur les « détails » de leur énoncé et, outre le fait qu'ils perdent un temps précieux, ils manquent parfois L'élément-clef du cas pratique et, par la suite, rédigent un travail « sans sens » qui sera refusé par l'assistant trop souvent amené à leur dire « oui, mais tout cela n'a aucune importance, vous n'avez pas compris le travail que je vous demandais » (voire : « si vous n'êtes pas capable de lire un énoncé convenablement, il est inutile de poursuivre dans cette voie »), mais à moins d'avoir un assistant présent et pédagogique, vous ne le saurez que trop tard, aurez perdu plusieurs semaines à effectuer des recherches et n'aurez rien de satisfaisant à présenter !
Il est toujours intéressant de demander l'avis d'autres étudiants, plus expérimentés si on en a la possibilité, avec lesquels on échangera nos points de vue.
Il se peut également, vu l'évolution croissante du nombre de lois, que l'énoncé qui vous sera attribué ne traite pas d'un cas pratique classique tel que « Monsieur X a acheté une maison etc. » mais d'une question purement juridique qui a fait ou fait encore l'objet de débats : l'assistant attendra de vous que vous vous positionnez face à la problématique en question, en tenant compte de l'« ancienne » législation, des différents avis qui ont été émis par les juristes et surtout des raisons qui ont motivées un tel revirement ou précision du droit positif.
Etude de la (des) règle(s) de droit applicables
Après avoir cerné les points importants que vous devrez traités (avec l'éventuel bémol posé sur une partie non résolue que vous garderez en suspend), allez recherchez dans votre cours les règles de droit que vous pensez applicables aux faits et questions posées. N'hésitez pas à rechercher également dans d'autres cours plus spécifiques à la matière, même s'ils ne vous ont pas encore été dispensés, dans lesquels une explication plus détaillée - voire la résolution de votre cas pratique - s'y trouvera. Si ce point de droit est source de conflits, ne prenez pas immédiatement position pour une des thèses en présence, vous n'êtes pas encore suffisamment prêt, à ce stade, pour le faire objectivement et professionnellement.
Recherches doctrinales et jurisprudentielles
Commencent alors les longues et prenantes recherches... Et un travail juridique ne s'effectue convenablement qu'après avoir patiemment et attentivement observé tout ce qui concerne la matière que vous devez cerner impeccablement (surtout si vous devez, par la suite, présenter oralement votre travail au groupe de TP : séance pendant laquelle rien ne vous sera épargné, et surtout pas les points de détails que vous aurez omis de maîtriser ! Cela se remarque dès les premières minutes et seules de rigoureuses recherches et une compréhension hors pair du droit applicable vous permettra de « retomber sur vos pattes »).
A l'heure actuelle, moult outils de recherche s'offrent à vous : Internet bien sûr, mais de nombreux programmes informatiques nécessitent une installation et surtout leur achat préalable ! Ils sont hors de prix et seuls les professionnels, les cabinets les ont...votre faculté aussi ! Allez dès lors à la bibliothèque : outre les informations que vous dénicherez sur les ordinateurs (et programmes) mis à votre disposition, vous déambulerez un nombre d'heures considérable dans les dédales des couloirs de la biblio pour trouvez tel arrêt dans X revue juridique, placée dans un rayonnage sombre...
Tout ne se trouvera, en effet, pas via le net et les recherches dans les vieux et gros moniteurs, les centaines de revues juridiques, les nouvelles publications, sans oublier l'ensemble des ouvrages doctrinaux !, vous apporteront indéniablement toutes les informations indispensables dont vous aurez besoin.
Est-il utile de vous préciser que tout cela prend du temps ? Pourtant, même après un cuisant échec à leur premier travail, des étudiants continuent les années suivantes de commettre la même erreur et de s'y prendre trop tard. Mais il n'existe pas de solution magique encore pour remplacer le temps à passer dans les bouquins à la bibliothèque...
Un conseil également fort utile est de numéroter chaque document photocopié ou imprimé, de les classer et d'indiquer les références complètes pour chacun d'entre eux, y compris ceux que vous avez consultés sans les avoir sous la main en pratique. C'est primordial ! Lors de la préparation de votre travail, il vous faudra vous retrouver dans tous les documents récoltés, si vous n'y avez pas mis d'ordre à l'avance, vous serez perdu et devrez réeffectuer des recherches pour savoir d'où ils provenaient et dans quel contexte ils s'inscrivaient.
De plus, en rédigeant votre exposé, il vous est interdit d'omettre la moindre référence aux propos que vous tenez : la majeure partie de ce que vous écrirez et direz ne vient pas du Saint-esprit, vous l'avez appris de quelqu'un, alors ayez la décence de le mentionner. De toutes façons, si vous ne le faîtes pas, vous serez vite sanctionnés pour plagiat... Pour un futur juriste, ça laisse à désirer.
Préparation du brouillon
Avant de vous engager tête baissée dans l'écriture d'un roman, établissez un plan de travail ! C'est la meilleure manière de procéder à toute rédaction quelle qu'elle soit (dissertation de français à rédaction de dossier de plaidoirie).
Vous scinderez votre exposé en plusieurs parties afin que ce soit plus clair (pour vous comme pour ceux qui liront votre travail) : une introduction, un bref (mais complet) résumé des faits posés, l'énonciation des règles juridiques applicables, la relation causale que vous attribuez entre ces dernières et les faits de votre énoncé, une conclusion, une bibliographie.
Rédaction du travail
Sur base de votre plan, vous commencerez à « remplir » les différents champs.
Dès que vous reprenez les dires d'un auteur, indiquez en la référence en note de bas de page : c'est un réflexe.
La pratique veut qu'elles soient présentées sous la forme suivante :
Pr. NOM (de l'auteur), « Titre de l'ouvrage ou du chapitre », in Ouvrage consulté, Maison d'édition-Collection, année, page ou numéro.
Ainsi, pour exemple, en reprenant les termes utilisés par Me Simmonart dans X ouvrage :
V. SIMONART (et les autres s'ils sont plusieurs), « La théorie de l'organe », in Droit civil, Tome II, pp. 33-40, n°247.
La rédaction d'un exposé juridique nécessite, outre les qualités générales à tout écrit, une réflexion permanente articulée autour du mécanisme argumentatif : ne présentez pour établis que les faits pour lesquels vous êtes à même d'apporter une justification juridique satisfaisante.
Relecture du travail
Relisez votre travail (raison pour laquelle il faut se laisser une marge avant de le remettre, ce que vous n'aurez pas si vous vous y prenez en retard) ! Utilisez vos dictionnaires, les moteurs de correction automatique informatisés, vos bescherelless, règles de grammaire et de composition apprises en secondaire : un travail rempli de fautes d'orthographe est un mauvais travail et, qui plus est, jouera sur les nerfs de votre assistant et des autres élèves du groupe.
De même, une syntaxe moyenne, des redondances, des formulations alambiquées sanctionneront inévitablement le contenu de votre travail, aussi intéressant soit-il !
Puis, il vous faudra également vous « familiariser » avec le langage juridique ! Et ce n'est pas une mince affaire que d'apprendre que tout ce que vous disiez autrefois n'est plus correct, de connaître les termes adéquats et précis pour chaque matière ! Ainsi, il est facile de passer pour un idiot si on ne sait utiliser adéquatement les mots : pour exemple, ne dîtes pas la Cour a pris un jugement, non, c'est le Tribunal qui prononce un jugement, la Cour - quant à elle - rend un arrêt ! La différence ? Aucune réellement importante en soi, mais c'est ainsi qu'il faut le dire. De manière générale, vous devrez vous habituer et apprendre cette « autre langue ».
Mise en page et terminologie (et notes bas de page)
La conclusion se suffit à elle-même : on doit y retrouver la conflictuelle, les faits ci nécessaires, la ou les solution(s) envisagée(s).
Pas de défense dans la conclusion.