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    publié le 13/07/2012

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    La Fontaine, "Fables", Livre XI, "Le Paysan du Danube" : commentaire

    Document de 2.5 pages au format WORD

    RÉSUMÉ

    Commentaire de Français niveau Lycée sur la fable de Jean de La Fontaine, intitulée

    EXTRAIT

    Née il y a plus de 4000 ans en Mésopotamie, la fable dût pourtant attendre le XVIIème siècle pour qu'un écrivain nommé Jean de la Fontaine en fasse une des figures de proue de la littérature de son temps. Dans son ouvrage, Fables, l'auteur présente de courtes histoires insistant sur un aspect moraliste et pédagogue, tantôt animées par des animaux auxquels on aura prêté des traits humains, ou, comme dans l'extrait que nous allons étudier, par des humains dont l'humanité reste encore à déterminer.
    Cette fable, Le paysan du Danube, met en effet en scène un sauvageon germain venu déclamer devant ses maîtres romains une tirade exprimant le fond de sa pensée, furieuse contre l'envahisseur qui opprime son peuple. C'est un fait établi, la différence entre les deux sociétés est plus que frappante, ne serait-ce que par leur qualité respective de barbare et de civilisé. Mais La Fontaine nous apprend vite que les "apparences sont trompeuses", et que s'y fier serait la plus grande des méprises : le paysan du Danube n'ayant rien à envier aux romains, paraissant au contraire beaucoup moins barbare que les tyrans qui malmènent son peuple.
    Dans cette optique, étudions le texte de Jean de La Fontaine afin de révéler le message dissimulé entre ces vers, éparpillé dans le discours du fabuliste et celui du paysan.

    De ce fait, l'auteur nous présente une première facette de chacun des deux camps, superficielle et uniquement basée sur l'apparence qu'ils projettent dans le monde, et ne reflétant qu'une vérité partielle.
    Du paysan, c'est une description forte en détail qui nous est livrée, présentant un personnage rustre, grossier et puant, tenant plus de "l'ours mal léché" que de l'humain. D'ailleurs, il vit en communion avec la nature, ne discutant "qu'avec des ours", s'habillant de feuilles et de peau de bête. Sa condition est d'autant plus risible que le reste de ses semblables est par déduction encore moins civilisé que ce dernier, puisqu'ils ont élu en tant que député l'homme le mieux habilité à les représenter et les défendre (...)

    PLAN

    Introduction

    I) Un rapport de force fondé sur les apparences
    II) Le revers de la médaille
    III) "Qui est vraiment le barbare ?"

    Conclusion

    AUTRES

    Fable étudiée:

    Il ne faut point juger des gens sur l'apparence.
    Le conseil en est bon ; mais il n'est pas nouveau.
    Jadis l'erreur du Souriceau
    Me servit à prouver le discours que j'avance.
    J'ai, pour le fonder à présent,
    Le bon Socrate, Esope, et certain Paysan
    Des rives du Danube, homme dont Marc-Aurèle
    Nous fait un portrait fort fidèle.
    On connaît les premiers : quant à l'autre, voici
    Le personnage en raccourci.
    Son menton nourrissait une barbe touffue,
    Toute sa personne velue
    Représentait un Ours, mais un Ours mal léché.
    Sous un sourcil épais il avait l'oeil caché,
    Le regard de travers, nez tortu, grosse lèvre,
    Portait sayon de poil de chèvre,
    Et ceinture de joncs marins.
    Cet homme ainsi bâti fut député des Villes
    Que lave le Danube : il n'était point d'asiles
    Où l'avarice des Romains
    Ne pénétrât alors, et ne portât les mains.
    Le député vint donc, et fit cette harangue :
    Romains, et vous, Sénat, assis pour m'écouter,
    Je supplie avant tout les Dieux de m'assister :
    Veuillent les Immortels, conducteurs de ma langue,
    Que je ne dise rien qui doive être repris.
    Sans leur aide, il ne peut entrer dans les esprits
    Que tout mal et toute injustice :
    Faute d'y recourir, on viole leurs lois.
    Témoin nous, que punit la Romaine avarice :
    Rome est par nos forfaits, plus que par ses exploits,
    L'instrument de notre supplice.
    Craignez, Romains, craignez que le Ciel quelque jour
    Ne transporte chez vous les pleurs et la misère ;
    Et mettant en nos mains par un juste retour
    Les armes dont se sert sa vengeance sévère,
    Il ne vous fasse en sa colère
    Nos esclaves à votre tour.
    Et pourquoi sommes-nous les vôtres ? Qu'on me die
    En quoi vous valez mieux que cent peuples divers.
    Quel droit vous a rendus maîtres de l'Univers ?
    Pourquoi venir troubler une innocente vie ?
    Nous cultivions en paix d'heureux champs, et nos mains
    Etaient propres aux Arts ainsi qu'au labourage :
    Qu'avez-vous appris aux Germains ?
    Ils ont l'adresse et le courage ;
    S'ils avaient eu l'avidité,
    Comme vous, et la violence,
    Peut-être en votre place ils auraient la puissance,
    Et sauraient en user sans inhumanité.
    Celle que vos Préteurs ont sur nous exercée
    N'entre qu'à peine en la pensée.
    La majesté de vos Autels
    Elle-même en est offensée ;
    Car sachez que les immortels
    Ont les regards sur nous. Grâces à vos exemples,
    Ils n'ont devant les yeux que des objets d'horreur,
    De mépris d'eux, et de leurs Temples,
    D'avarice qui va jusques à la fureur.
    Rien ne suffit aux gens qui nous viennent de Rome ;
    La terre, et le travail de l'homme
    Font pour les assouvir des efforts superflus.
    Retirez-les : on ne veut plus
    Cultiver pour eux les campagnes ;
    Nous quittons les cités, nous fuyons aux montagnes ;
    Nous laissons nos chères compagnes ;
    Nous ne conversons plus qu'avec des Ours affreux,
    Découragés de mettre au jour des malheureux,
    Et de peupler pour Rome un pays qu'elle opprime.
    Quant à nos enfants déjà nés,
    Nous souhaitons de voir leurs jours bientôt bornés :
    Vos préteurs au malheur nous font joindre le crime.
    Retirez-les : ils ne nous apprendront
    Que la mollesse et que le vice ;
    Les Germains comme eux deviendront
    Gens de rapine et d'avarice.
    C'est tout ce que j'ai vu dans Rome à mon abord :
    N'a-t-on point de présent à faire ?
    Point de pourpre à donner ? C'est en vain qu'on espère
    Quelque refuge aux lois : encor leur ministère
    A-t-il mille longueurs. Ce discours, un peu fort
    Doit commencer à vous déplaire.
    Je finis. Punissez de mort
    Une plainte un peu trop sincère.
    A ces mots, il se couche et chacun étonné
    Admire le grand coeur, le bon sens, l'éloquence,
    Du sauvage ainsi prosterné.
    On le créa Patrice ; et ce fut la vengeance
    Qu'on crut qu'un tel discours méritait. On choisit
    D'autres préteurs, et par écrit
    Le Sénat demanda ce qu'avait dit cet homme,
    Pour servir de modèle aux parleurs à venir.
    On ne sut pas longtemps à Rome
    Cette éloquence entretenir.

    2.5

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