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    Histoire contemporaine
    publié le 18/12/2007

    3,60 €

    Le discours d'Auxerre de Gambetta (1/1/1874) ou les nouvelles couches sociales

    Document de 8 pages au format WORD

    RÉSUMÉ

    Commentaire de document d'histoire contemporaine sur l'apparition des nouvelles couches sociales dans la France du 19ème siècle. Cette étude est basée sur le discours de Gambetta à Auxerre le 1er Juin 1874.

    PLAN

    A. Caractéristiques de la nouvelle couche
    B. Mais qui sont-ils ?

    II) Une nouvelle couche voyant le jour sous le Second Empire : facteurs limites d´apparition

    A. Le Second Empire : son oeuvre
    B. Un contexte générale favorable
    C. Facteurs limitatifs de la croissance

    III) Le discours de Gambetta : alliance de la IIIème République et de la « nouvelle couche »

    A. Une République en danger et un défit pour Gambetta : s´allier les nouvelles couches
    B. La vision de Gambetta : annonce des grands chantiers de la 3ème République

    Conclusion

    AUTRES

    Et alors nous avons vu un certain nombres de personnes s´élever par le travail ; nous avons vu se former des associations et la propriété circuler assez rapidement puis le nombre des cotes personnelles s´augmenter , et augmenter dans une proportion considérable, qui étonne les amateurs de statistique. Or à chaque cote nouvelle, à chaque propriété qui se crée, c´est un citoyen qui se crée, c´est un citoyen qui se forme ; car la propriété, dont on nous présente comme les ennemis, sans jamais justifier en quoi que ce soit cette calamité, la propriété est, à nos yeux, le signe supérieur et préparateur de l´émancipation morale et matérielle de l´individu. (…)

    Ce monde de petits propriétaires, de petits industriels, de petits boutiquiers a été suscité par le mouvement économique que je viens d´indiquer ; car il ne faut pas oublier que le régime impérial a hérité ou plutôt a confisqué cette accumulation de forces, a bénéficié de ce réservoir d´éléments, de ces ressources morales et matérielles que ressemble le cours normal des évènements. Tous ces éléments sont entrés successivement en œuvre, et c´est ainsi que se sont créées, formées, ces nouvelles couches sociales dont j´ai salué un jour l´avènement Messieurs, j´ai dit les nouvelles couches, non pas les classes : c´est un mauvais mot que je n´emploie jamais. Oui, une nouvelle couche s´est formée. On la trouve partout ; elle se manifeste à tous les regards clairvoyants ; elle se rencontre dans tous les milieux, à tous les étages de la société. C´est elle qui, en arrivant à la fortune, à la notoriété, à la capacité, à la compétence, augmente la richesse, les ressources , l´intelligence et le nerf de la patrie. Ce sont ces couches nouvelles qui forment la démocratie ; elles ont le droit de se choisir , de se donner le meilleur gouvernement , c´es à dire la forme de gouvernement la mieux appropriée à leur nature, á leur tendances et à leurs intérêts. Dans la démocratie, c´est à dire dans un état politique où le travail doit tout dominer , -car dans les temps modernes le travail est le grand agent de richesse, de paix et de bonheur – dans un État social où le plus grand nombre des travailleurs est déjà propriétaire ; où , sur dix millions d´électeurs, huit millions sont astreints au paiement des cotes foncières, il était sûr que , dès que ces hommes seraient investis du droit de se donner un gouvernement, ils choisiraient la République, parce que démocratie et République sont associées comme la cause et l´effet. (Très bien ! Bravo ! Bravo ! – Applaudissement prolongés)

    Cette démocratie, étant constituée et fonctionnant dans le pays, avait besoin de passer par l´épreuve des affaires ; elle s´est donnée à elle-même cette éducation, et, grâce à la permanence du droit de suffrage et d´élection, elle a pu peupler ses conseils municipaux, cantonaux et généraux, l´Assemblée nationale elle-même – malgré les résistances, les entraves, les coalitions de tous les préjugés, - de gens sortis de ses rangs, dévoués à ses intérêts, défenseurs de ses tendances et de ses aspirations, c´est à dire que, non contente d´avoir en théorie la fortune de son gouvernement, elle a commence par créer le personnel chargé de pratiquer ce gouvernement pour le plus grand bien de tous. C´est là, Messieurs, une démocratie parfaitement majeure, en possession de deux forces : l´idée et le procédé. Et alors, tout naturellement, cette démocratie est devenue raisonnable, pacifique, observatrice de la loi ; elle a résisté à toutes les provocations, elle a refusé de descendre dans la rue , elle a subi la légalité la plus rigoureuse et la plus arbitraire ; elle s´est dérobée devant tous les actes qui n´avaient d´autre but que de l´exciter à rompre avec la légalité pour aboutir au désordre : elle a évité de donner cet éternel prétexte de rétablir l´ordre et la paix, prétexte qui coûte si cher aux sociétés travailleuses du monde moderne, prétexte qui coûte si cher à notre parti, toujours généreux et héroïque, dans les rangs duquel, de tout temps, on a compté des hommes qui, ne marchandant ni leurs liberté, ni leur vie, s´imaginent trop souvent que, grâce à ce sacrifice, ils amèneront la solution des problèmes difficiles qui agitent et passionnent nos populations ouvrières. (Approbation et sensation prolongée.)

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