OODOC RECHERCHE & PUBLICATION DE DOCUMENTS

    Votre panier

    9

    Culture générale
    publié le 02/02/2011

    5,40 €

    Paul Valéry, "Regards sur le monde actuel", "Avant-Propos" : commentaire de texte

    Document de 9 pages au format PDF

    RÉSUMÉ

    Commentez du texte suivant, tiré de Regards sur le monde de Paul Valéry :

    EXTRAIT

    Quelles sont Les Opinions de M. Jérôme Coignard sur l'histoire ? Le spirituel abbé imaginé par Anatole France incarne ce que, depuis la crise de la conscience européenne à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle, l'on appelle le pyrrhonisme historique. Les livres d'histoire constituent des « recueils de contes », dont il est ridicule de vouloir tirer des enseignements, des maximes de gouvernement, une politique. En 1927, dans son discours de réception à l'Académie française, Paul Valéry rend hommage au scepticisme tant décrié de son prédécesseur. C'est également au milieu des années 1920 que ce disciple de Stéphane Mallarmé devient le "Bossuet de la IIIe République", selon sa propre expression. Il publie de multiples textes sur la politique et sur l'histoire, rassemblés dans les "Essais quasi politiques" de Variété, puis en 1931 dans Regards sur le monde actuel. À force de faire ce que Gide nomme le "procès de Clio", Valéry finit par passer pour un "ennemi de l'histoire".

    Dans l'extrait proposé se reconnaît un passage essentiel de l'"Avant-Propos" de Regards sur le monde actuel. La première phrase semble régler une fois pour toutes la question de la valeur de l'histoire, non pas science mais art. En vérité, cette thèse, sans cesse rappelée de façon allusive, sous-tend l'ensemble du texte consacré à l'influence — profonde et néfaste — de l'histoire sur la politique. Valéry distingue, d'une manière qui sans doute manque de netteté, deux formes d'influence, générale sur les peuples, particulière sur les chefs. Une nouvelle fois, il semble vouloir démontrer qu'il s'agit bien du "produit le plus dangereux que la chimie de l'intellect ait élaboré".

    Contrairement à l'idée reçue par ses contemporains, Valéry considère donc que l'histoire n'est pas une science mais un art. C'est pourquoi son immense influence sur les peuples aboutit à des politiques dangereuses. Quant aux chefs, ils sont plus encore sujets à la maladie historique. (...)

    PLAN

    Introduction

    I) Valéry conteste l'idée dominante selon laquelle l'histoire constituerait une science. Pour lui, Clio n'est qu'une des neuf Muses.

    II) La dénonciation de l'influence de l'histoire sur les peuples peut surprendre, tant elle semble contredire les plus connues des analyses valéryennes, sur l'humanité, la civilisation, l'Europe. Mais le spectacle du monde actuel ne cesse de lui rappeler les dangers politiques de l'esprit historique.

    III) Plus encore que les peuples, les chefs souffrent de la maladie historique. Or, dans le monde moderne, celle-ci se montre presque toujours mortelle.

    Conclusion
    Bibliographie

    AUTRES

    "Il n'y aurait qu'à jouir de ces beaux fruits de l'ad historique et nulle objection ne s'élèverait contre leur usage, si la politique n'en était tout influencée. Le passé, plus ou moins fantastique, ou plus ou moins organisé après coup, agit sur le futur avec une puissance comparable à celle du présent même. Les sentiments et les ambitions s'excitent de souvenirs de lectures, de souvenirs de souvenirs, bien plus qu'ils ne résultent de perceptions et de données actuelles. Le caractère réel de l'histoire est de prendre part à l'histoire même. L'idée du passé ne prend un sens et ne constitue une valeur que pour l'homme qui se trouve en soi-même une passion de l'avenir. L'avenir, par définition, n'a point d'image. L'histoire lui donne les moyens d'être pensé. Elle forme pour l'imagination une table de situations et de catastrophes, une galerie d'ancêtres, un formulaire d'actes, d'expressions, d'attitudes, de décisions offerts à notre instabilité et à notre incertitude, pour nous aider à devenir. Quand un homme ou une assemblée, saisis de circonstances pressantes ou embarrassantes, se trouvent contraints d'agir, leur délibération considère bien moins l'état même des choses en tant qu'il ne s'est jamais présenté jusque-là, qu'elle ne consulte ses souvenirs imaginaires. Obéissant à une sorte de loi de moindre action, répugnant à créer, à répondre par l'invention à l'originalité de la situation, la pensée hésitante tend à se rapprocher de l'automatisme ; elle sollicite les précédents et se livre à l'esprit historique qui l'induit à se souvenir d'abord, même quand il s'agit de disposer pour un cas tout à fait nouveau. L'histoire alimente l'histoire."

    9

    Culture générale publié le 02/02/2011

    5,40 €

    Recommandations

    Du même auteur

    Voir toutes les publications de cet auteur

    Nouveautés en Culture générale

    Aller à la catégorie
    • 13

      Culture générale publié le 15/05/2013

      Descriptif

      Cours de Culture générale niveau Licence sur le 20ème siècle. Ce cours regroupe le Braunstein ainsi que des cours de Classe préparatoire sur le thème de la Grèce antique. Il est de plus agrémenté...

    • 13

      Culture générale publié le 15/05/2013

      Descriptif

      Cours de Culture générale niveau Licence sur le 19ème siècle. Ce cours regroupe le Braunstein ainsi que des cours de Classe préparatoire sur le thème de la Grèce antique. Il est de plus agrémenté...

    • 5

      Culture générale publié le 15/05/2013

      Descriptif

      Cours de Culture générale niveau Licence sur le siècle des Lumières (18ème siècle). Celui-ci est basé sur le Manuel de culture générale de J-F. Braunstein et des cours de Classe préparatoire...

    Les plus consultées

    • 4

      Culture générale publié le 13/08/2010

      Descriptif

      Cette étude de la profession de foi du vicaire savoyard pose la question de savoir si le mal est ou non inhérent à la société. Quelle en est la cause ? Autant de questions se posent à la conscience des chrétiens...

    • 3

      Culture générale publié le 22/09/2009

      Descriptif

      Dissertation de Culture générale sur le sujet : "Faut-il aller droit au but ?". Extrait: A l'heure d'une société de plus en plus modernisée, aller droit au but semble être...

    • 1

      Culture générale publié le 20/06/2007

      Descriptif

      Ne connaissant ni sexe, ni age ni classe, le sport a une portée universelle. Le sport peut être défini comme « un système institutionnalisé de pratiques physiques, compétitives, codifiées, réglées...

    Accès membre

    Votre panier

    Derniers vus

    Publier vos documents

     

    Charte qualité

    déplier