Résumé
Commentaire de l'article paru dans le « Monde Diplomatique » en septembre 2001 intitulé « La dernière classe sociale. Sur la Piste des nantis » . D'après les auteurs, il n'existerait bel et bien plus qu'une seule véritable classe sociale : la bourgeoisie. Quelles sont donc les caractéristiques de ce « groupe uni » et restreint de riches individus qui permettent de conclure qu'ils constituent à eux seuls une classe sociale ? En outre, quelle stratégie cette classe met-elle en œuvre pour la défense de ses privilèges et la pérennité de son existence ?
Extrait:
Dès le début de l'article, le ton est donné : on observe en effet une volonté patente de la part des bourgeois (les auteurs vont même jusqu'à employer le terme, péjoratif, de « nantis ») de prendre leurs distances vis-à-vis du reste de la société, et ce afin de ne se retrouver qu'entre « individus de la même classe. » Il s'agit de s'éloigner le plus loin possible (« île dans l'île ») jusqu'à s'isoler complètement du reste du monde (« à l'abris des regards importuns »). Pour cela, la bourgeoisie investit des villages tels que Les Portes-en-Ré, situé « à la pointe extrême de l'île de Ré », attirée par le caractère calme et typique de ce « petit bourg », loin du brouhaha, de la pollution et du stress des grandes villes comme Paris, Lyon ou Marseille. Par ailleurs, en allant même jusqu'à acheter « les maisons du vieux village », on inscrit la communauté dans l'espace (« lieu de ralliement »), certes, mais aussi dans le temps : les bourgeois se réorganisent une véritable nouvelle vie éloignée de la « médiocrité extérieure » (« les touristes ordinaires »), marquée par des rites (« apéritif dominical »), des codes (les auteurs emploient l'expression d'« hexis corporelles » ; on peut aussi relever des codes vestimentaires : les habits sont sobres mais chics et de très bonne qualité) et des relations privilégiées que l'on entretient (« on se connaît », « plaisir extrême d'être ensemble ») ...