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Le rapport entre droit positif et droit idéal selon Montesquieu

Philosophie | 3 pages | 14-09-2009 | Format : Document Microsoft Word | Note : Non noté

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Analyse méthodique de Philosophie d'un texte dans lequel Montesquieu tente de démontrer qu'il existe des lois idéales, définissant une justice idéale, au-dessus des lois positives. Les lois idéales doivent alors servir de critère pour l'élaboration des lois (ou droit) positives.

Extrait:

On voit apparaître la problématique du texte : au-dessus des lois positives, il y aurait des lois possibles, sur lesquelles les hommes pourraient se baser pour élaborer leurs propres lois. On peut donc dire déjà, et au regard du cours qu'on a eu sur le concept de justice, que Montesquieu ne défend pas une thèse positiviste (seule existe la loi posée par l'homme). Au dessus du droit positif, il existe une autre sorte de droit : un droit possible (...)

Plan:

I) 1er moment : détermination méthodique des concepts
II) 2ème moment : mise au jour de la structure logique du texte, paragraphe par paragraphe
III) 3ème moment : détermination du thème et de la thèse du texte

Texte étudié:

« Les êtres particuliers intelligents peuvent avoir des lois qu'ils ont faites : mais ils en ont aussi qu'ils n'ont pas faites. Avant qu'il y eût des êtres intelligents, ils étaient possibles : ils avaient donc des rapports possibles, et par conséquent des lois possibles. Avant qu'il y eût des lois faites, il y avait des rapports possibles. Dire qu'il n'y a rien de juste ni d'injuste que ce qu'ordonnent ou défendent les lois positives, c'est dire qu'avant qu'on ait tracé le cercle tous les rayons n'étaient pas égaux.
Il faut donc avouer des rapports d'équité antérieurs à la loi positive qui les établit : comme, par exemple, que supposé qu'il y eût des sociétés d'hommes, il serait juste de se conformer à leurs lois ; que s'il y avait des êtres intelligents qui eussent reçu quelque bienfait d'un autre être, ils devraient avoir de la reconnaissance ; que si un être intelligent avait créé un être intelligent le créé devrait rester dans la dépendance qu'il a eue dès son origine ; qu'un être intelligent qui a fait du mal à un être intelligent mérite de recevoir le même mal ; et ainsi du reste.
Mais il s'en faut bien que le monde intelligent soit aussi bien gouverné que le monde physique. Car quoique celui-là ait aussi des lois, qui, par leur nature sont invariables, il ne les suit pas constamment comme le monde physique suit les siennes. La raison en est que les êtres particuliers intelligents sont bornés par leur nature, et par conséquent sujets à l'erreur ; et d'un autre côté, il est de leur nature qu'ils agissent par eux-mêmes. Ils ne suivent pas constamment leurs lois primitives ; et celles même qu'ils se donnent, ils ne les suivent pas toujours. »

Montesquieu, De L'esprit des lois, I, 1


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