Résumé
Commentaire d'un poème extrait des Villes tentaculaires de Verhaeren ("Se regardant avec les yeux cassés de leurs fenêtres [...]"). Celui-ci est entièrement rédigé et sera ainsi très utile à la réalisation d'une composition, ou pour les révisions du bac de français.
Texte étudié:
Se regardant avec les yeux cassés de leurs fenêtres
Et se mirant dans l'eau de poix et de salpêtre
D'un canal droit, tirant sa barre à l'infini,
Face à face, le long des quais d'ombre et de nuit
Par à travers les faubourgs lourds
Et la misère en guenille de ces faubourgs,
Ronflent terriblement usines et fabriques.
Rectangles de granit, cubes de briques,
Et longs murs noirs durant des lieues,
Immensément, par les banlieues ;
Et sur leurs toits, dans le brouillard, aiguillonnées,
De fer et de paratonnerre,
Les cheminées. (...)
Se regardant de leurs yeux noirs et symétriques,
Par les banlieues à l'infini,
Ronflent le jour, la nuit,
Les usines et les fabriques.
Oh ! les quartiers rouillés de pluies et leurs grand'rues !
Et les femmes et leurs guenilles apparues
Et les squares, où s'ouvre, en des caries
De plâtras blanc et de scories
Une flore pâle et pourrie.
Aux carrefours, porte ouverte, les bars :
Etains, cuivre, miroirs, hagards,
Dressoirs d'ébène et flacons fols
D'où luit l'alcool
Et sa lueur vers les trottoirs.
Et des pintes qui tout à coup rayonnent,
Sur le comptoir, en pyramide de couronnes ;
Et des gens soûls, debout,
Dont les larges langues lapent, sans phrases,
Les ales d'or et le whisky, couleur topaze.