Résumé
Comment est-il possible que des gens ayant eu une scolarisation complète ou partielle, ne puissent pas lire « les gros titres du journal », ou ne soient pas capables « d'écrire une carte postale [et] d'additionner deux petits nombres ? » On peut tenter de répondre à la question mais comme nous le soulignent Geffroy et Grasset-Morel (2003), « l'illettrisme n'est pas un phénomène facile à appréhender ». Comment le définir, le mesurer ? Quelles en sont les causes et les conséquences ? Comment lutter contre ?
Ainsi, nous allons tenter de saisir l'ensemble du phénomène de l'illettrisme. Pour cela nous verrons en premier lieu les définitions gravitant autour de cette notion, ainsi que l'art de manier le champ lexical de l'illettrisme. En second lieu nous nous intéresserons à son historique en France, de l'avènement de l'écriture au jour d'aujourd'hui. Par la suite, nous ferons un état des lieux en mesurant le phénomène en France et à l'étranger (statistique), et en appréhendant les personnes concernées. Nous nous pencherons, dans une quatrième partie, sur les causes et les conséquences. Enfin, il sera question de lutte contre l'illettrisme, de ces acteurs et des actions accomplies.
Extrait:
L'illettrisme n'est pas une notion facile à définir. Au départ synonyme du mot analphabète, et désignant du point de vue étymologique l'ignorance des lettres, donc de l'alphabet, il prit en 1995 grâce au GPLI (Groupement Permanent de Lutte contre l'Illettrisme) un tout autre sens. Il désigne le fait de ne pas avoir les compétences nécessaires malgré une scolarisation « pour faire face aux exigences de la vie sociale ou professionnelle en matière de lecture et d'écriture » ...