Explication d'un extrait du texte Pensées de Blaise Pascal, dans lequel le philosophe se questionne sur la pensée et ce qui en fait la grandeur de l'Homme.
Extrait:
Pascal débute son texte par énoncer un paradoxe qui est la thèse même de ce texte « La grandeur de l'Homme est grande en ce qu'il se connaît misérable ». En effet l'Homme se fait grand car il est capable de se reconnaître misérable. L'ambiguïté est immédiatement levée à la ligne 4, à l'aide du mot « Pensée ». La pensée est donc liée au fait de se connaître misérable (...)
Sommaire:
Introduction
I) La nature contradictoire de l'Homme
A. Un être misérable
B. La spécificité de l'Homme : un être qui pense
C. La double nature de l'Homme
II) La pensée est la voix conduisant à la dignité
A. La dignité s'associe par nature à la pensée
B. La pensée rend l'Homme digne
C. La distinction entre chaque Homme
Texte analysé:
La grandeur de l'homme est grande en ce qu'il se connaît misérable. Un arbre ne se connaît pas misérable. C'est donc être misérable que de se connaître misérable ; mais c'est être grand que de connaître qu'on est misérable ; mais c'est être grand que de connaître qu'on est misérable.
Pensée fait la grandeur de l'homme.
Je puis bien concevoir un homme sans mains, pieds, tête (car ce n'est que l'expérience qui nous apprend que la tête est plus nécessaire que les pieds). Mais je ne puis concevoir un homme sans pensée : ce serait une pierre ou une brute. [...]
L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature ; mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'écraser : une vapeur, une goutte d'eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l'univers l'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu'il sait qu'il meurt, et l'avantage de l'univers a sur lui, l'univers n'en sait rien.
Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C'est de là qu'il nous faut relever et non de l'espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser : voilà le principe de la morale.