Résumé
Lecture analytique du poème tiré de
Les Fleurs du Mal intitulé
Les Chats. Celle-ci s'attache à montrer comment une hypothèse d'interprétation peut surgir de la confrontation du poème étudié avec d'autres poèmes de l'oeuvre.
Extrait:
Ce sonnet, écrit en 1847, décrit un animal domestique, le chat, et s'inscrit dans un ensemble de 3 poèmes consacrés à ce félin. Les deux autres ont pour titre
Le Chat, et décrivent avec admiration et tendresse l'animal familier, compagnon du poète. Le titre de celui-ci est au pluriel,
Les chats, et Baudelaire semble s'attacher à la description de l'animal sans aucune référence à une relation particulière avec un individu bien déterminé (...)
Sommaire:
Introduction : pourquoi les chats ? Annonce du plan
I) Les chats, symbole d'un repli sur l'intimité douillette du foyer
A. La connivence entre les "amoureux fervents", les "savants austères" et les chats
B. Caractère nocturne et inquiétant des chats
II) Métamorphose des chats : tels les sphinx, ils nous ouvrent les portes de l'infini
A. Métamorphose des chats en sphinx du désert
B. Le chat, une allégorie de la poésie ?
Conclusion : rapprochement entre
Les chats et
La Beauté
Poème étudié:
Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires
Amis de la science et de la volupté
Ils cherchent le silence et l'horreur des ténèbres ;
L'Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
S'ils pouvaient au servage incliner leur fierté.
Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s'endormir dans un rêve sans fin ;
Leurs reins féconds sont plein d'étincelles magiques
Et des parcelles d'or, ainsi qu'un sable fin,
Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques.