Résumé
Analyse littéraire du poème en prose
Contes de Rimbaud, extrait de son recueil
Illuminations.
Le recueil des
Illuminations marque l'ultime retour de Rimbaud à la poésie. Dans plusieurs de ses pièces, cette poésie met en oeuvre un univers enfantin collectif qu'elle transmue à sa manière : ainsi en est-il des poèmes
Enfance,
Royauté ou encore
Conte. Ce dernier, tout particulièrement, s'ancre dans le genre du récit merveilleux destiné notamment à la jeunesse, qui se voit perverti à plusieurs égards.
Nous chercherons à voir comment, en adoptant une esthétique du dérèglement (forme et contenu) dans un genre de la quête, le poète traduit la nécessité qu'il a, dans sa quête de puissance poétique d'opérer des déconstructions édificatrices / volonté de se définir (quête d'essence) - en vain.
Sommaire:
Introduction
I) Etude du titre
II) Etude de la 1ère partie
(1er paragraphe - en quatre phrases : une sorte d'incipit)
III) Etude de la 2ème partie
(les quatre paragraphes suivants : le récit des épreuves du héros)
IV) Etude de la 3ème partie
(les quatre derniers paragraphes : une fin, à laquelle s'ajoute une phrase terminale qui invite à lire le « conte » autrement)
Conclusion
Texte analysé:
Un Prince était vexé de ne s'être employé jamais qu'à la perfection des générosités vulgaires. Il prévoyait d'étonnantes révolutions de l'amour, et soupçonnait ses femmes de pouvoir mieux que cette complaisance agrémentée de ciel et de luxe. Il voulait voir la vérité, l'heure du désir et de la satisfaction essentiels. Que ce fût ou non une aberration de piété, il voulut. Il possédait au moins un assez large pouvoir humain.
Toutes les femmes qui l'avaient connu furent assassinées. Quel saccage du jardin de la beauté ! Sous le sabre, elles le bénirent. Il n'en commanda point de nouvelles. - Les femmes réapparurent.
Il tua tous ceux qui le suivaient, après la chasse ou les libations. - Tous le suivaient.
Il s'amusa à égorger les bêtes de luxe. Il fit flamber les palais. Il se ruait sur les gens et les taillait en pièces.
- La foule, les toits d'or, les belles bêtes existaient encore.
Peut-on s'extasier dans la destruction, se rajeunir par la cruauté ! Le peuple ne mur-mura pas. Personne n'offrit le concours de ses vues.
Un soir il galopait fièrement. Un Génie apparut, d'une beauté ineffable, inavouable même. De sa physionomie et de son maintien ressortait la promesse d'un amour multiple et complexe ! d'un bonheur indicible, insupportable même ! Le Prince et le Génie s'anéantirent probablement dans la santé essentielle. Comment n'auraient-ils pas pu en mourir ? Ensemble donc ils moururent.
Mais ce Prince décéda, dans son palais, à un âge ordinaire. Le Prince était le Génie. Le Génie était le Prince.
La musique savante manque à notre désir.