Résumé
Commentaire rédigé sur le poème de Charles Cros
Plainte en s'aidant du parcours de lecture suivant : L'opposition de deux mondes incompatibles et la désillusion et la solitude du poète.
Extrait:
Le poète, et plus encore le poète amoureux, se console dans l'écriture, sorte d'exutoire de ses désillusions sentimentales. Ainsi, Charles Cros, dont la vie fut une suite de malchances, fait de ses poèmes les confidents de ses amertumes et de ses déceptions, en particulier dans
Le Coffret de santal, oeuvre qui préfigure le symbolisme et le surréalisme et recueil saisissant par la diversité de ses formes et de ses tons. Parmi les sonnets, le poème régulier
Plainte est composé de quatre quatrains d'alexandrins, forme habituelle dans la deuxième moitié du 19ème siècle. Adressé à une citadine « fière », c'est une invitation vaine à abandonner le tumulte de la ville et à céder à un amour plus naturel (...)
Poème étudié:
Vrai sauvage égaré dans la ville de pierre,
À la clarté du gaz je végète et je meurs.
Mais vous vous y plaisez, et vos regards charmeurs
M'attirent à la mort, parisienne fière.
Je rêve de passer ma vie en quelque coin
Sous les bois verts ou sur les monts aromatiques,
En Orient, ou bien près du pôle, très loin,
Loin des journaux, de la cohue et des boutiques.
Mais vous aimez la foule et les éclats de voix,
Le bal de l'Opéra, le gaz et la réclame.
Moi, j'oublie, à vous voir, les rochers et les bois,
Je me tue à vouloir me civiliser l'âme.
Je vous ennuie à vouloir le dire si souvent :
Je mourrai, papillon brûlé, si cela dure...
Vous feriez bien pourtant, vos cheveux noirs au vent,
En clair peignoir ruché (3), sur un fond de verdure !