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Document présent dans la catégorie Littérature

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Céline, "Voyage au bout de la nuit", Etude d'un extrait

Littérature | 4 pages | 10-09-2008 | Format : Document Microsoft Word | Note : Non noté |

PRIX : 3.60€ |
Résumé

Commentaire composé d'un extrait de Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline. Il traite de la cruauté de la guerre, des sentiments et des réflexions du narrateur.

Extrait:

La Première Guerre mondiale est un conflit qui remania complètement les frontières de l'Europe, fit disparaître quatre empires, causa plusieurs millions de morts et marqua physiquement et psychologiquement des millions d'hommes jeunes. Elle inspira des évocations nombreuses, saisissantes et variées, notamment à Jean Giono dans Le grand troupeau, véritable réquisitoire contre la guerre et livre d'un homme qui a fait la guerre, qui la déteste et ne veut plus la faire, et à Louis-Ferdinand Céline dans une partie de Voyage au bout de la nuit (...)

Extrait analysé:

Si on avait dit au commandant Pinçon qu'il n'était qu'un sale assassin lâche, on lui aurait fait un plaisir énorme, celui de nous faire fusiller, séance tenante, par le capitaine de gendarmerie, qui ne le quittait jamais d'une semelle et qui, lui, ne pensait précisément qu'à cela. C'est pas aux Allemands qu'il en voulait, le capitaine de gendarmerie.

Nous dûmes donc courir les embuscades pendant des nuits et des nuits imbéciles qui se suivaient, rien qu'avec l'espérance de moins en moins raisonnable d'en revenir, et celle-là seulement et aussi que si on en revenait, qu'on n'oublierait jamais, absolument jamais, qu'on avait découvert sur la terre un homme bâti comme vous et moi, mais bien plus charognard que les crocodiles et les requins qui passent entre deux eaux la gueule ouverte autour des bateaux d'ordures et de viandes pourries qu'on va leur déverser au large, à La Havane.

La grande défaite, en tout, c'est d'oublier, et surtout ce qui vous a fait crever, et de crever sans comprendre jamais jusqu'à quel point les hommes sont vaches. Quand on sera au bord du trou faudra pas faire les malins nous autres, mais faudra pas oublier non plus, faudra raconter tout sans changer un mot, de ce qu'on a vu de plus vicieux chez les hommes et puis poser sa chique et puis descendre. Ça suffit comme boulot pour une vie tout entière.

Je l'aurais bien donné aux requins à bouffer moi, le commandant Pinçon, et puis son gendarme avec, pour leur apprendre à vivre ; et puis mon cheval aussi en même temps pour qu'il ne souffre plus, parce qu'il n'en avait plus de dos ce grand malheureux, tellement qu'il avait mal, rien que deux plaques de chair qui lui restaient à la place, sous
la selle, larges comme mes deux mains et suintantes, à vif, avec des grandes traînées de
pus qui lui coulaient par les bords de la couverture jusqu'aux jarrets. Il fallait cependant
trotter là-dessus, un, deux... Il s'en tortillait de trotter. Mais les chevaux c'est encore bien plus patient que des hommes (...)


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