Résumé
Commentaire en deux parties de "L'avertissement au lecteur" extrait des
Essais de Montaigne.
Extrait:
A l'age de 38 ans, Montaigne (1533-1592) qui a bénéficié d'une éducation humaniste se retranche dans une bibliothèque. Il laisse alors libre cours aux réflexions qui lui inspire ses lectures et qu'il consigne dans ses
Essais publié une première fois en 1580. Dans l'avertissement au lecteur placé au début des
Essais il présente le dessein de son ouvrage.
Comment Montaigne présente-t-il son livre et se peint-il ?
Comment l'avertissement introduit-il le lecteur dans la lecture de l'Essai ?
Après avoir étudié les caractéristiques de l'oeuvre que nous expose Montaigne, nous dégagerons le portrait de l'auteur que ce début nous permet d'esquisser (...)
Sommaire:
Introduction
I) Présentation de son oeuvre
A. Un autoportrait
B. Le pacte d'authenticité
II) Esquisse du portrait de Montaigne
A. Humour et désinvolture
B. Auteur humaniste
C. Homme de valeur
Conclusion
Texte étudié:
C'est ici un livre de bonne foi, lecteur. Il t'avertit, dès l'entrée, que je ne m'y suis proposé aucune fin, que domestique et privée. Je n'y ai eu nulle considération de ton service, ni de ma gloire. Mes forces ne sont pas capables d'un tel dessein. Je l'ai voué à la commodité particulière de mes parents et amis : à ce que m'ayant perdu (ce qu'ils ont à faire bientôt) ils y puissent retrouver aucuns traits de mes conditions et humeurs, et que par ce moyen ils nourrissent, plus entière et plus vive, la connaissance qu'ils ont eue de moi. Si c'eût été pour rechercher la faveur du monde, je me fusse mieux paré et me présenterais en une marche étudiée. Je veux qu'on m'y voie en ma façon simple, naturelle et ordinaire, sans contention et artifice : car c'est moi que je peins. Mes défauts s'y liront au vif, et ma forme naïve, autant que la révérence publique me l'a permis. Que si j'eusse été entre ces nations qu'on dit vivre encore sous la douce liberté des premières lois de nature, je t'assure que je m'y fusse très volontiers peint tout entier, et tout nu. Ainsi, lecteur, je suis moi-même la matière de mon livre : ce n'est pas raison que tu emploies ton loisir en un sujet si frivole et si vain. Adieu donc.