Résumé
Commentaire en trois parties du Préambule des
Confessions de Rousseau.
Extrait:
Philosophe des lumières, Rousseau se croit victime d'un complot universel et de nombreuses persécutions. Pour contrer les calomnies, il rédige à partir de 1765 ses « confessions » qui retracent tout son itinéraire.
Ce texte étudié est un préambule qui permet à Rousseau avant d'entreprendre le récit de sa vie, de présenter son projet autobiographique, son projet d'écriture, il annonce son intention et revendique la singularité de son moi.
Comment l'auteur nous introduit il dans la lecture de son ouvrage ?
Après avoir étudié les caractéristiques de son récit nous en dégagerons la fonction avant de nous attarder au portrait de l'auteur (...)
Sommaire:
Introduction
I) Présentation de son oeuvre
A. La singularité de son oeuvre
B. Le sujet de l'oeuvre
C. Authenticité
II) Un plaidoyer
A. La mise en place du jugement dernier
B. La Justification
III) Un homme meurtri
A. Un besoin de reconnaissance
B. L'hypertrophie du « je »
Conclusion
Texte analysé:
Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme ce sera moi.
Moi seul. Je sens mon coeur et je connais les hommes. Je ne suis fait comme aucun de ceux que j'ai vus ; j'ose croire n'être fait comme aucun de ceux qui existent. Si je ne vaux pas mieux, au moins je suis autre. Si la nature a bien ou mal fait de briser le moule dans lequel elle m'a jeté, c'est ce dont on ne peut juger qu'après m'avoir lu.
Que la trompette du Jugement dernier sonne quand elle voudra, je viendrai, ce livre à la main, me présenter devant le souverain juge. Je dirai hautement : " Voilà ce que j'ai fait, ce que j'ai pensé, ce que je fus. J'ai dit le bien et le mal avec la même franchise. Je n'ai rien tu de mauvais, rien ajouté de bon, et s'il m'est arrivé d'employer quelque ornement indifférent, ce n'a jamais été que pour remplir un vide occasionné par mon défaut de mémoire ; j'ai pu supposer vrai ce que je savais avoir pu l'être, jamais ce que je savais être faux. Je me suis montré tel que je fus ; méprisable et vil quand je l'ai été, bon, généreux, sublime, quand je l'ai été : j'ai dévoilé mon intérieur tel que tu l'as vu toi-même. Etre éternel, rassemble autour de moi l'innombrable foule de mes semblables ; qu'ils écoutent mes confessions, qu'ils gémissent de mes indignités, qu'ils rougissent de mes misères. Que chacun d'eux découvre à son tour son coeur aux pieds de ton trône avec la même sincérité ; et puis qu'un seul te dise, s'il l'ose : "Je fus meilleur que cet homme-là."