Résumé
Commentaire sur
De l'esclavage des nègres de Montesquieu en trois parties.
Extrait:
De l'esclavage des nègres est tiré de
De l'Esprit des lois. Il s'agit, à partir d'un fait historique, la traite des Noirs et le commerce triangulaire, de dénoncer un abus particulièrement criant de l'Ancien Régime : l'esclavage, lequel ne sera supprimé qu'en 1794, pour être immédiatement rétabli en 1802. Il ne sera définitivement supprimé qu'en 1848.
La dénonciation de l'esclavage repose sur une argumentation en 9 points. Mais en réalité, cette argumentation est entièrement antiphrastique, c'est-à-dire que l'auteur fait semblant de défendre l'esclavagiste, au moyen d'arguments absurdes et inadmissibles qui s'auto détruisent (...)
Sommaire:
Introduction
I) La forme du plaidoyer
II) La rigueur du requisitoire
III) La force explosive du pamphlet
Conclusion
Texte analysé:
Si j'avais à soutenir le droit que nous avons eu de rendre les nègres esclaves, voici ce que je dirais :
Les peuples d'Europe ayant exterminé ceux de l'Amérique, ils ont dû mettre en esclavage ceux de l'Afrique, pour s'en servir à défricher tant de terres.
Le sucre serait trop cher, si l'on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves.
Ceux dont il s'agit sont noirs depuis les pieds jusqu'à la tête ; et ils ont le nez si écrasé qu'il est presque impossible de les plaindre.
On ne peut se mettre dans l'esprit que Dieu, qui est un être très sage, ait mis une âme, surtout bonne, dans un corps tout noir.
Il est si naturel de penser que c'est la couleur qui constitue l'essence de l'humanité, que les peuples d'Asie, qui font les eunuques, privent toujours les noirs du rapport qu'ils ont avec nous d'une façon plus marquée.
On peut juger de la couleur de la peau par celle des cheveux, qui, chez les Égyptiens, les meilleurs philosophes du monde, étaient d'une si grande conséquence, qu'ils faisaient mourir tous les hommes roux qui leur tombaient entre les mains.
Une preuve que les nègres n'ont pas le sens commun, c'est qu'ils font plus de cas d'un collier de verre que de l'or, qui, chez les nations policées, est d'une si grande conséquence.
Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes ; parce que, si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-mêmes chrétiens.
De petits esprits exagèrent trop l'injustice que l'on fait aux Africains. Car, si elle était telle, qu'ils le disent, ne serait-il pas venu dans la tête des princes d'Europe, qui font entre eux tant de conventions inutiles, d'en faire une générale en faveur de la miséricorde et de la pitié ?