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Document présent dans la catégorie Littérature

Littérature

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Spinoza, "Lettres à Schuller", Etude d'un extrait

Littérature | 2.5 pages | 31-07-2008 | Format : Document Microsoft Word | Note : Non noté |

PRIX : 3.60€ |
Résumé

Etude comportant des questions/réponses entièrement rédigées et commentaire d'un extrait de la lettre 58 que Spinoza envoya a Schuller.

Extrait:

La Lettre 58 à Schuller est une des nombreuses correspondances que Spinoza eut avec ses contemporains.
La liberté est le plus souvent assimilée à l'exercice de la volonté. La liberté consiste à faire ce que l'on veut, elle consiste à agir selon nos désirs. La liberté dans cette perspective s'oppose non seulement à la contrainte mais aussi à la nécessité (...)

Sommaire:

I) D'après Spinoza, quelles sont les « clauses » pour qu'une chose soit libre ?
II) Qu'est ce qui oppose la liberté divine de la liberté des êtres finis si elle existe ?
III) Pourquoi la liberté ne se situe-t-elle pas dans un libre décret mais dans une libre nécessité ?
IV) Quel est le rôle de l'exemple de la pierre ?
V) A quoi Spinoza oppose-t-il la liberté ?
VI) Commenter brièvement le 3ème paragraphe

Texte analysé:

« Je passe maintenant à cette définition de la liberté que m'attribue votre ami ; mais je ne sais d'où il l'a tirée. Pour ma part, je dis que cette chose est libre qui existe et agit par la seule nécessité de sa nature, et contrainte cette chose qui est déterminée par une autre à exister et à agir selon une modalité précise et déterminée. Dieu, par exemple, existe librement (quoique nécessairement) parce qu'il existe par la seule nécessité de sa nature. De même encore, Dieu connaît soi-même et toutes choses en toute liberté, parce qu'il découle de la seule nécessité de sa nature qu'il comprenne toutes choses. Vous voyez donc que je ne situe pas la liberté dans un libre décret mais dans une libre nécessité.
Mais venons-en aux autres choses créées qui, toutes, sont déterminées à exister et à agir selon une manière précise et déterminée. Pour le comprendre clairement, prenons un exemple très simple. Une pierre reçoit d'une cause extérieure qui la pousse une certaine quantité de mouvement, par laquelle elle continuera nécessairement de se mouvoir après l'arrêt de l'impulsion externe. Cette permanence de la pierre dans son mouvement est une contrainte, non pas parce qu'elle est nécessaire, mais parce qu'elle doit être définie par l'impulsion des causes externes ; et ce qui est vrai de la pierre, l'est aussi de tout objet singulier, quelle qu'en soit la complexité, et quel que soit le nombre de ses possibilités : tout objet singulier, en effet, est nécessairement déterminé par quelque cause extérieure à exister et à agir selon une loi (modus) précise et déterminée.
Concevez maintenant, si vous le voulez bien, que la pierre, tandis qu'elle continue de se mouvoir, sache et pense qu'elle fait tout l'effort possible pour continuer de se mouvoir. Cette pierre, assurément, puisqu'elle n'est consciente que de son effort, et qu'elle n'est pas indifférente, croira être libre et ne persévérer dans son mouvement que par la seule raison qu'elle le désire. Telle est cette liberté humaine que tous les hommes se vantent d'avoir et qui consiste en cela seul que les hommes sont conscients de leurs désirs et ignorants des causes qui les déterminent. C'est ainsi qu'un enfant croit désirer librement le lait, et un jeune garçon irrité vouloir se venger s'il est irrité, mais fuir s'il est craintif. Un ivrogne croit dire par une décision libre ce qu'ensuite il aurait voulu taire. De même un dément, un bavard et de nombreux cas de ce genre croient agir par une décision libre de leur esprit, et non pas portés par une impulsion. Et comme ce préjugé est inné en tous les hommes, ils ne s'en libèrent pas facilement. L'expérience nous apprend qu'il n'est rien dont les hommes soient moins capables que de modérer leurs passions, et que, souvent, aux prises avec des passions contraires, ils voient le meilleur et font le pire : ils se croient libres cependant, et cela parce qu'ils n'ont pour un objet qu'une faible passion, à laquelle ils peuvent facilement s'opposer par le fréquent rappel du souvenir d'un autre objet. »


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