Résumé
Commentaire du quatrième chapitre de la partie I du roman de Gustave Flaubert
Madame Bovary. Le passage étudié concerne le mariage d'Emma.
Extrait:
Dans son livre,
Madame Bovary publié en 1857, Flaubert consacre plusieurs scènes ou tableaux à l'évocation des milieux sociaux que traversent ou côtoient les personnages. On trouve donc la paysannerie, la petite bourgeoisie normande ou l'aristocratie provinciale.
Le passage que nous allons étudier se situe au chapitre IV de la première partie ; Emma et Charles ont fait connaissance et nous assistons à leur mariage quelques temps après. Dans tous les cas, le regard du romancier est sans indulgence (...)
Texte étudié:
Suivant leur position sociale différente, ils avaient des habits, des redingotes, des vestes, des habits-vestes : - bons habits, entourés de toute la considération d'une famille, et qui ne sortaient de l'armoire que pour les solennités ; redingotes à grandes basques flottant au vent, à collet cylindrique, à poches larges comme des sacs ; vestes de gros drap, qui accompagnaient ordinairement quelque casquette cerclée de cuivre à sa visière ; habits-vestes très courts, ayant dans le dos deux boutons rapprochés comme une paire d'yeux, et dont les pans semblaient avoir été coupés à même un seul bloc, par la hache du charpentier. Quelques-uns encore (mais ceux-là, bien sûr, devaient dîner au bas bout de la table) portaient des blouses de cérémonie, c'est-à-dire dont le col était rabattu sur les épaules, le dos.
Et les chemises sur les poitrines bombaient comme des cuirasses ! Tout le monde était tondu à neuf, les oreilles s'écartaient des têtes, on était rasé de près ; quelques-uns même qui s'étaient levés dès avant l'aube, n'ayant pas vu clair à se faire la barbe, avaient des balafres en diagonale sous le nez, ou, le long des mâchoires, des pelures d'épiderme larges comme des écus de trois francs, et qu'avait enflammées le grand air pendant la route, ce qui marbrait un peu de plaques roses toutes ces grosses faces blanches épanouies.