Résumé
Commentaire composé (niveau Lycée) d'un extrait de la pièce de théâtre
Le Roi se meurt d'Eugène Ionesco. Le passage étudié concerne la mort du Roi.
Extrait:
Dramaturge du XXème siècle, Ionesco écrit en 1962
Le Roi se meurt. Avec le titre de sa pièce, par le thème qu'il indique et par le choix du personnage de la plus haute noblesse, il semble s'inscrire dans la tradition de la tragédie. Alors que le roi vient d'entrer en scène, son entourage qui le sait condamné par la médecine s'est décidé à lui annoncer sa mort. Nous voici donc en plein coeur de la tragédie (...)
Sommaire:
Introduction
I) La mise en place parodique d'un univers propre à la tragédie
A. La mise en place d'un cérémonial de mort
B. La présence d'un personnage pathétique
II) La perturbation comique
A. Une dispute de comédie qui perturbe le déroulement du tragique
B. Un roi ridicule qui interrompt la cérémonie tragique
III) La mise en scène de la fatalité
A. La dégradation de l'entourage, symbole de la progression de la mort
B. La dégradation physique du roi
Conclusion
Texte étudié:
MARGUERITE, se dirigeant vers le roi.
Sire, je dois vous mettre au courant.
MARIE
Non, taisez-vous.
MARGUERITE, à Marie.
Taisez-vous.
MARIE, au roi.
Ce n'est pas vrai ce qu'elle dit.
LE ROI
Au courant de quoi ? Qu'est-ce qui n'est pas vrai ? Marie pourquoi cet air désolé ? Que vous arrive-t-il ?
MARGUERITE, au Roi.
Sire, on doit vous annoncer que vous allez mourir.
LE MEDECIN
Hélas, oui, Majesté.
LE ROI
Mais je le sais, bien sûr. Nous le savons tous. Vous me le rappellerez quand il sera temps. Quelle manie avez-vous, Marguerite, de m'entretenir de choses désagréables dès le levez du soleil.
MARGUERITE
Il est déjà midi.
LE ROI
Il n'est pas midi. Ah, si, il est midi. Ca ne fait rien. Pour moi, c'est le matin. Je n'ai encore rien mangé. Que l'on m'apporte mon breakfast. A vrai dire, je n'ai pas trop faim. Docteur, il faudra que vous me donniez des pilules pour réveiller mon appétit et dégourdir mon foie. Je dois avoir la langue saburrale, n'est-ce pas ?
Il montre sa langue au Docteur.
LE MEDECIN
En effet, Majesté.
LE ROI
Mon foie s'encrasse. Je n'ai rien bu hier soir, pourtant j'ai un mauvais goût dans la bouche.
LE MEDECIN
Majesté, la reine Marguerite dit la vérité, vous allez mourir.
LE ROI
Encore ? Vous m'ennuyez ! Je mourrai, oui, je mourrai. Dans quarante ans, dans cinquante ans, dans trois cents ans. Plus tard. Quand je voudrai, quand j'aurai le temps, quand je le déciderai. En attendant, occupons-nous des affaires du royaume. (Il monte sur les marches du trône). Aïe ! Mes jambes, mes reins. J'ai attrapé froid dans ce palais mal chauffé, avec ces carreaux cassés qui laissent passer la tempête et les courants d'air. A-t-on remplacé sur le toit les tuiles que le vent avait arrachées ? On ne travaille plus. Il faudra que je m'en occupe moi-même. J'ai eu d'autres choses à faire. On ne peut compter sur personne. (A Marie qui essaye de le soutenir.) Non j'arriverai. (Il s'aide de son sceptre comme d'un bâton.) Ce sceptre peut encore servir. (Il réussit péniblement à s'asseoir, aidé tout de même par la reine Marie.) Mais non, mais non, je peux. Ca y est ! Ouf ! Il est devenu bien dur ce trône. On devrait le faire rembourrer. Comment se porte le pays ce matin ?