Résumé
Épreuve mineure du baccalauréat d'Histoire sur le thème de la Guerre froide et plus particulièrement sur un extrait des
Mémoires de Truman (ancien Président des Etats-Unis) qui donne son point de vue sur le début de la Guerre froide.
Sommaire:
I) Présentez le document en détail.
II) Truman explique que l'URSS a réagi de deux manières au plan Marshall, identifiez-les et expliquez-les.
III) Expliquez la phrase soulignée.
IV) D'après Truman, quelles sont les conséquences des actions russes pour le bloc de l'ouest ? Donnez des exemples qui le prouvent.
V) Pourquoi peut-on dire que Truman décrit ici le premier conflit de la Guerre froide ?
Document d'étude:
La Russie se trouva prise au dépourvu par le plan Marshall et ne fut pas longue à comprendre que du jour où il commencerait à fonctionner, l'occasion pour elle de communiser l'Europe occidentale en exploitant sa misère économique serait passée. Incapable d'empêcher les alliés de coopérer au relèvement du vieux continent, Moscou s'efforça de riposter par des manoeuvres. La première consistait à mettre sur pied une contrepartie du plan Marshall, sous les auspices de l'URSS et au bénéfice de ses satellites (...). La seconde manoeuvre qui ressemblait plus encore à une provocation, fut d'orchestrer à Berlin un incident militaire destiné à éprouver notre fermeté et notre patience (...). Les Russes se mirent à arrêter nos trains à la ligne de démarcation et à les faire retourner lorsque leurs responsables refusaient, comme l'ordre leur avait été donné, de se soumettre à l'inspection. Par ce procédé, les Soviets coupèrent toutes les communications par route, rail et eau entre Berlin et l'extérieur, donnant pour prétexte de leur attitude « des difficultés techniques ». Le but des Russes était évidemment de nous chasser de Berlin. Le blocus était la contre-attaque du communisme international et le Kremlin avait bien choisi son objectif (...). Si nous ne parvenions pas à maintenir notre position, le communisme s'en trouverait doublement renforcé dans l'opinion publique allemande. Or, notre position dans la capitale était précaire et si nous voulions nous y accrocher, il fallait montrer notre force, malgré le risque toujours présent d'une réaction russe qui eût conduit à la guerre. Il nous fallait tenir compte de la possibilité que la Russie eût délibérément choisi de faire de Berlin le prétexte d'un conflit. (...) A partir de 1949, le Kremlin commençait à se rendre compte que ses efforts pour nous chasser étaient voués à l'échec. Sa brutalité et sa rudesse dans cette affaire avaient amené beaucoup d'Européens à comprendre la nécessité de liens plus étroits entre les nations occidentales.