Résumé
Commentaire non-rédigé (niveau Lycée) de la scène d'exposition (acte I scène 1) de la pièce
Hernani de Victor Hugo.
Extrait:
Au lendemain de la disparition de Napoléon, Victor Hugo écrit
Hernani (1830). Dans cette pièce, Hugo remet l'honneur au goût du jour : la pièce se passe en Espagne en 1519.
Hernani, pièce romantique, rompt avec les pièces classiques.
Aussi, est-ce bien une scène d'exposition ? En quoi l'est-elle, et en quoi s'en démarque-t-elle ? (...)
Plan du commentaire:
Introduction
I) Une scène d'exposition
II) Une scène typiquement romantique
Conclusion
Texte étudié:
Une chambre à coucher, la nuit. Une lampe sur une table. Doña Josefa Duarte, vieille, en noir, avec le corps de sa jupe cousu de jais à la mode d'Isabelle-la-catholique, don Carlos.
DOÑA JOSEFA, seule. Elle ferme les rideaux cramoisis de la fenêtre, et met en ordre quelques fauteuils. On frappe à une petite porte dérobée à droite. Elle écoute. On frappe un second coup.
Serait-ce déjà lui ? C'est bien à l'escalier
Dérobé.
Un quatrième coup.
Vite, ouvrons.
Elle ouvre la petite porte masquée. Entre don Carlos, le manteau sur le visage et le chapeau sur les yeux.
Bonjour, beau cavalier.
Elle l'introduit. Il écarte son manteau, et laisse voir un riche costume de velours et de soie à la mode castillane de 1519. Elle le regarde sous le nez et recule.
Quoi! Seigneur Hernani, ce n'est pas vous ?
- Main-forte !
Au feu !
DON CARLOS, lui saisissant le bras.
Deux mots de plus, duègne, vous êtes morte !
Il la regarde fixement. Elle se tait effrayée.
Suis-je chez doña Sol, fiancée au vieux duc
De Pastrana, son oncle, un bon seigneur, caduc,
Vénérable et jaloux ? Dites. La belle adore
Un cavalier sans barbe et sans moustache encore,
Et reçoit tous les soirs, malgré les envieux,
Le jeune amant sans barbe, à la barbe du vieux.
Suis-je bien informé ?
Elle se tait. Il la secoue par le bras.
Vous répondrez, peut-être.
DOÑA JOSEFA.
Vous m'avez défendu de dire deux mots, maître.
DON CARLOS.
Aussi n'en veux-je qu'un. - oui, non. - ta dame est bien
Doña Sol De Silva ? Parle.
DOÑA JOSEFA.
Oui. Pourquoi ?
DON CARLOS.
Pour rien.
Le duc, son vieux futur, est absent à cette heure ?
DOÑA JOSEFA.
Oui.
DON CARLOS.
Sans doute elle attend son jeune ?
DOÑA JOSEFA.
Oui.
DON CARLOS.
Que je meure !
Doña Josefa.
DON CARLOS.
Duègne, c'est ici qu'aura lieu l'entretien ?
DOÑA JOSEFA.
Oui.
DON CARLOS.
Cache-moi céans.
DOÑA JOSEFA.
Vous ?
DON CARLOS.
Moi.
DOÑA JOSEFA.
Pourquoi ?
DON CARLOS.
Pour rien.
DOÑA JOSEFA.
Moi, vous cacher ?
DON CARLOS.
Ici.
DOÑA JOSEFA.
Jamais.
DON CARLOS, tirant de sa ceinture un poignard et une bourse.
Daignez, madame, choisir de cette bourse ou bien de cette lame.
DOÑA JOSEFA, prenant la bourse.
Vous êtes donc le diable ?
DON CARLOS.
Oui, duègne.
DOÑA JOSEFA, ouvrant une armoire étroite dans le mur.
Entrez ici.
DON CARLOS, examinant l'armoire.
Cette boîte !
DOÑA JOSEFA, refermant l'armoire.
Va-t'en, si tu n'en veux pas.
DON CARLOS, rouvrant l'armoire.
Si.
L'examinant encore.
Serait-ce l'écurie où tu mets d'aventure
Le manche du balai qui te sert de monture ?
Il s'y blottit avec peine.
Ouf !
DOÑA JOSEFA, joignant les mains avec scandale.
Un homme ici !
DON CARLOS, dans l'armoire restée ouverte.
C'est une femme, est-ce pas,
Qu'attendait ta maîtresse ?
DOÑA JOSEFA.
Ô ciel ! J'entends le pas
De doña Sol. Seigneur, fermez vite la porte.
Elle pousse la porte de l'armoire qui se referme.
DON CARLOS, de l'intérieur de l'armoire.
Si vous dites un mot, duègne, vous êtes morte.
DOÑA JOSEFA, seule.
Qu'est cet homme ? Jésus mon dieu ! Si j'appelais ?...
Qui ? Hors madame et moi, tout dort dans le palais.
Bah ! L'autre va venir. La chose le regarde.
Il a sa bonne épée, et que le ciel nous garde
De l'enfer ! pesant la bourse. après tout, ce
N'est pas un voleur.
Entre doña Sol, en blanc. Doña Josefa cache la
Bourse.