Résumé
Commentaire composé sur un extrait du chapitre
Des coches extrait des
Essais de Montaigne.
Sommaire:
Montaigne, à travers le chapitre
Des coches choisit de dénoncer la brutalité des conquêtes européennes du Nouveau Monde, un thème important à son époque puisque depuis la renaissance, les conquêtes de nouvelles terres et les grandes découvertes se multiplient. Dans cet extrait, Montaigne nous décrit l'arrivée des Espagnols sur cette nouvelle terre déjà occupée. Comment Montaigne s'y prend-il pour dénoncer les conquêtes européennes ?
Sommaire:
Introduction
I) L'engagement du narrateur
A. Le choix du discours indirect et indirect libre dans le dialogue opposant les Espagnols aux sauvages
B. La part peu importante de narration et de commentaires du narrateur
II) La supériorité argumentative des Indiens
A. Une stratégie argumentative subtile
B. La lucidité et la logique de leurs propos
III) La supériorité éthique des sauvages
A. L'hospitalité des sauvages face à la cupidité des espagnols
B. La tolérance des sauvages face à l'intolérance des espagnols
C. La résistance des sauvages face à l'agression des espagnols
Conclusion
Texte étudié:
En côtoyant la mer à la quête de leurs mines, aucuns Espagnols prirent terre en une contrée fertile et plaisante, fort habitée : et firent à ce peuple leurs remontrances accoutumées : Qu'ils étaient gens paisibles, venant de lointains voyages, envoyés de la part du Roi de Castille, le plus grand Prince de la terre habitable, auquel le Pape, représentant Dieu en terre, avait donné la principauté de toutes les Indes. Que, s'ils voulaient lui être tributaires, ils seraient très bénignement traités : leur demandaient des vivres, pour leur nourriture, et de l'or pour le besoin de quelque médecine. Leur remontraient au demeurant, la créance d'un seul Dieu, et la vérité de notre religion, laquelle ils leur conseillaient d'accepter, y ajoutant quelques menaces.
La réponse fut telle : Que quant à être paisibles, ils n'en portaient pas la mine, s'ils l'étaient. Quant à leur Roi, puisqu'il demandait, il devait être indigent, et nécessiteux : et celui qui lui avait fait cette distribution, homme aimant dissension, d'aller donner à un tiers, chose qui n'était pas sienne, pour le mettre en débat contre les anciens possesseurs. Quant aux vivres, qu'ils leur en fourniraient : d'or, ils en avaient peu : que c'était chose qu'ils mettaient en nulle estime, d'autant qu'elle était inutile au service de leur vie, là où tout leur soin regardait seulement à la passer heureusement et plaisamment : pourtant ce qu'ils en pourraient trouver, sauf ce qui était employé au service de leurs dieux, qu'ils le prissent hardiment. Quant à un seul Dieu, le discours leur en avait plu : mais qu'ils ne voulaient changer leur religion, s'en étant si utilement servis si longtemps : et qu'ils n'avaient accoutumé prendre conseil que de leurs amis et connaissants. Quant aux menaces, c'était signe de faute de jugement, d'aller menaçant ceux desquels la nature, et les moyens étaient inconnus. Ainsi qu'ils se dépêchassent promptement de vider leur terre, car ils n'étaient pas accoutumés de prendre en bonne part les honnêtetés et remontrances des gens armés et étrangers ; autrement qu'on ferait d'eux, comme de ces autres, leur montrant les têtes d'aucuns hommes justiciés autour de leur ville. Voilà un exemple de la balbutie de cette enfance.