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Victor Hugo, "Ultima verba", poème extrait de "Les Châtiments"

Littérature | 2 pages | 28-07-2008 | Format : Document Microsoft Word | Note : Non noté |

PRIX : 3.60€ |
Résumé

Fiche de français portant sur la critique du pouvoir napoléonien et la louange de la République un an après le coup d'état de Décembre 1851. La poésie est ici au service de l'argumentation. Le tout à travers l'analyse du poème de Victor Hugo Ultima verba extrait du recueil Les Châtiments.

Extrait:

La situation de la France est catastrophique, nous le voyons au premier ensemble constitué des quatre premières strophes.
Tout d'abord, nous constatons la présence d'une subordonnée de temps « Tant qu'il se vautrera, broyant dans ses mâchoires » accompagnée d'une utilisation du futur de l'indicatif, qui indique la possibilité que cette situation perdure (...)

Sommaire:

I) Un défi au pouvoir

A. La situation de la France
B. La situation des proscrits
C. La position de Hugo

II) Une profession de foi

A. La critique du pouvoir de Napoléon
B. L'éloge de la République

Poème étudié:

... Quand même grandirait l'abjection publique
A ce point d'adorer l'exécrable trompeur ;
Quand même l'Angleterre et même l'Amérique
Diraient à l'exilé : - Va-t'en ! nous avons peur !

Quand même nous serions comme la feuille morte,
Quand, pour plaire à César, on nous renîrait tous ;
Quand le proscrit devrait s'enfuir de porte en porte,
Aux hommes déchiré comme un haillon aux clous ;

Quand le désert, où Dieu contre l'homme proteste,
Bannirait les bannis, chasserait les chassés ;
Quand même, infâme aussi, lâche comme le reste,
Le tombeau jetterait dehors les trépassés ;

Je ne fléchirai pas ! Sans plainte dans la bouche,
Calme, le deuil au coeur, dédaignant le troupeau,
Je vous embrasserai dans mon exil farouche,
Patrie, ô mon autel ! Liberté, mon drapeau !

Mes nobles compagnons, je garde votre culte ;
Bannis, la République est là qui nous unit.
J'attacherai la gloire à tout ce qu'on insulte ;
Je jetterai l'opprobre à tout ce qu'on bénit !

Je serai, sous le sac de cendre qui me couvre,
La voix qui dit : malheur ! la bouche qui dit : non !
Tandis que tes valets te montreront ton Louvre,
Moi, je te montrerai, César, ton cabanon.

Devant les trahisons et les têtes courbées,
Je croiserai les bras, indigné, mais serein.
Sombre fidélité pour les choses tombées,
Sois ma force et ma joie et mon pilier d'airain !

Oui, tant qu'il sera là, qu'on cède ou qu'on persiste,
O France ! France aimée et qu'on pleure toujours,
Je ne reverrai pas ta terre douce et triste,
Tombeau de mes aïeux et nid de mes amours !

Je ne reverrai pas ta rive qui nous tente,
France ! hors le devoir, hélas ! j'oublierai tout.
Parmi les éprouvés je planterai ma tente :
Je resterai proscrit, voulant rester debout.

J'accepte l'âpre exil, n'eût-il ni fin ni terme,
Sans chercher à savoir et sans considérer
Si quelqu'un a plié qu'on aurait cru plus ferme,
Et si plusieurs s'en vont qui devraient demeurer.

Si l'on n'est plus que mille, eh bien, j'en suis ! Si même
Ils ne sont plus que cent, je brave encor Sylla ;
S'il en demeure dix, je serai le dixième ;
Et s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là !


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