Résumé
Dissertation qui se propose de répondre à la question posée par Guy Demerson dans "Humanisme et facétie" : « Rabelais, à la fois bouffon et philosophe, moraliste et facétieux, est-il en dernier lieu fils spirituel d'Erasme, ou bien le créateur d'un vaste jeu, un créateur qui s'étrangle de rire ? ». Document de 3300 mots.
Extrait:
François Rabelais, grand écrivain français du XVIe siècle, est le premier à écrire en langue vernaculaire. Il fait partie de ces érudits que l'on appelle les Humanistes qui prônent, entre autres, la diffusion du savoir à l'échelle internationale. Dans son premier roman, Pantagruel, Rabelais fait preuve d'une grande virtuosité du langage et se fait créateur de mots mais aussi polémiste, savant et précurseur dans de nombreux domaines. Pourtant, Gérard Defaux, professeur à la Johns Hopkins University (USA) depuis 1981 et agrégé de Lettres, proclame, dans la préface de Gargantua, applicable au Pantagruel, que « L'écriture, dans le Gargantua, a beau se mettre parfois au service de l'idéologie, elle ne respecte rien. Elle n'obéit en définitive qu'à ses propres lois, et celles-ci n'ont à l'évidence rien de commun avec celles qui gouvernent le “plus haut sens”. C'est que Rabelais se préoccupe moins de la réalité et de la vérité historique que du jeu, du rire, de la création d'un univers par le ...