Résumé
Commentaire détaillé sur un extrait d'un texte de Bergson sur "La substance une entité immuable que notre conscience perçoit et que chacun de nous appelle je ou moi".
Extrait:
Dans ce texte que nous pourrions intituler "La substance une entité immuable que notre conscience perçoit et que chacun de nous appelle je ou moi ". Bergson célèbre philosophe et diplomate français s'interroge sur les propriétés de la substance, le moi. La thèse défendue par Bergson outre la définition de la substance au sens philosophique et le fait que ce soit une entité immuable, il nous fait par ailleurs différencier la substance au sens philosophique et la substance matérielle.
Dans ce texte, nous pouvons distinguer trois parties notamment une en début de texte ou l'auteur définit ce qu'est la substance au sens philosophique, puis une seconde sur le fait que le moi est une substance immuable au cours du temps et aussi par rapport aux divers phénomènes. Pour terminer, nous verrons les intentions de l'auteur à faire différencier la substance matérielle et la substance au sens philosophique aux lecteurs. Néanmoins, ce n'est pas son seul objectif puisqu'il souhaite nous faire prendre conscience qu'en chacun de nous, il y a une substance qui nous rend unique.
Texte analysé:
La substance, au sens philosophiques du mot, est ce quelque chose d'indescriptible qui sert de support aux phénomènes ; une foule de faits psychologiques, sensations, sentiments, idées, déterminations volontaires se succèdent en nous et cependant sous ces phénomènes qui passent quelque chose reste puisque nous disons toujours que c'est le même moi qui pense, qui sent et qui veut. Ainsi, il y a dans chacun de nous, d'une part des modifications de l'âme, d'autre part ce qui reste, ce qui est immuable, le moi, la substance qui demeure sous chacune et sous l'ensemble de ces modifications. Quand nous parlons de nous-mêmes, il ne nous vient jamais à l'esprit de dire que notre moi ait été remplacé par un autre. Je me transporte vingt ans en arrière ; à cette époque, je n'avais peut-être aucune des idées que j'ai aujourd'hui. Les sentiments que j'éprouvais alors, je ne les éprouve plus. Je ne me déciderais plus comme je me décidais à cette époque. Rien en moi ne se passe à la lumière d'alors ; cependant je dis toujours je ou moi, en parlant de cet être d'autrefois et c'est bien le même moi[...]. Ainsi, bien qui tous les actes, tous les états, toutes les modifications de ce moi aient changé, il est resté identique à lui-même, il est donc autre chose que ces modifications, autre chose que ces phénomènes ; il est substance. Ainsi la conscience nous révèle l'existence d'une substance que chacun de nous appelle je ou moi. Il est facile de montrer que non seulement le moi nous apparaît comme substance, mais que de plus c'est la seule substance que nous connaissions. On parle souvent de la substance matérielle. Les corps qui nous entourent, que nous voyons, que nous touchons, nous font l'effet de substances, mais une analyse même peu approfondie nous fait voir bien vite que nous ne connaissons de la matière que des qualités, que nous n'atteignons pas, que nous n'atteindrons jamais la substance ou comme on dit le substratum qui les suit. Par exemple, une feuille de papier me fait l'effet d'une chose douée d'existence substantielle. Qu'est ce que je connais cependant de cette feuille de papier ?[...]. Otez à cette feuille de papier toutes ses qualités forme, couleur, résistance, pesanteur, etc...que reste-t-il ? Nous serions fort embarrassés pour le dire. Une fois les qualités enlevées, il semble que rien ne restera, que sous ces phénomènes on ne trouvera pas de substance. Un objet matériel n'est donc pour nous qu'une agglomération de qualités ; mais il n'en est pas ainsi pour le moi. Otez lui par la pensée toutes ses qualités, retranchez-en tous les phénomènes dont il est le théâtre, il restera cependant une force, un être bien déterminé que notre conscience perçoit et que chacun de nous appelle je ou moi.