Résumé
Commentaire entièrement rédigé (niveau Lycée) du préambule de l'ouvrage
Les Essais de Montaigne.
Extrait:
Les Essais ne sont pas une oeuvre autobiographique au sens strict du terme. Montaigne note ses réflexions au fur et à mesure de ses lectures ou de ses expériences, mais il ne raconte pas les événements qui ont constitué chronologiquement l'histoire de sa vie. Son expérience échappe donc à des règles du genre autobiographique : celle du récit rétrospectif. Pourtant le pacte garantissant l'identité de l'auteur et de son sujet (« c'est moi que je peins ») fait des Essais un modèle d'écriture autobiographique (...)
Plan du commentaire:
Introduction
I) Avertissement au lecteur (l.1 à 5)
II) Les destinataires des Essais (l.5 à 11) : d'abord « tu », mais aussitôt « ils » ; puis « on », et enfin « tu » avant l'« adieu » final
III) La peinture du moi (l.11 à 21)
IV) Adieu au lecteur (l.21à 25)
Conclusion
Texte étudié:
Au lecteur
C'est ici un livre de bonne foi, lecteur. Il t'avertit dès l'entrée, que je ne m'y suis proposé aucune fin, que domestique et privée. Je n'y ai eu nulle considération de ton service, ni de ma gloire. Mes forces ne sont pas capables d'un tel dessein. Je l'ai voué à la commodité particulier de mes parents et amis : à ce que m'ayant perdu (ce qu'ils ont à faire bientôt) ils y puissent retrouver aucuns traits de mes conditions et humeurs, et que par ce moyen ils nourrissent plus entière et plus vive, la connaissance qu'ils ont eu de moi. Si c'eût été pour rechercher la faveur du monde, je me fusse mieux paré et me présenterais en une marche étudiée. Je veux qu'on m'y voie en ma façon simple, naturelle et ordinaire, sans contention et artifice : car c'est moi que je peins. Mes defaults s'y liront au vif, et ma forme naïve, autant que la révérence publique me l'a permis. Que si j'eusse été entre ces nations qu'on dit vivre encore sous la douce liberté des premières lois de nature, je t'assure que je m'y fusse très-volontiers peint tout entier, et tout nu. Ainsi, lecteur, je suis moi-même la matière de mon livre : ce n'est pas raison que tu emploies ton loisir en un sujet si frivole et si vain. A Dieu donc, de Montaigne, ce premier de Mars mille cinq cens quatre vingt.
Montaigne Essais, Au lecteur (1560) Livre I