Résumé
Commentaire composé de l'extrait de
Pantagruel de Rabelais, "Qui trop embrasse peu étreint" extrait du chapitre 46. Comment cet épisode fictif de roman contribue-t-il à soutenir la thèse pacifiste ?
Extrait:
Grandgousier permet le discrédit de la thèse belliciste. Tout d'abord, celui-ci a une stratégie argumentative très efficace. Dans la première partie du texte, il fait le choix de la réfutation de la thèse jusqu'à la ligne 15 mais qui est tout de même renforcé par le développement de sa thèse (...)
Plan du commentaire:
Introduction
I) Une situation favorable à la thèse pacifiste
A. La domination du roi pacifiste à travers les choix narratifs
B. La domination du roi pacifiste à travers son discours
II) Le discrédit de la thèse belliciste
A. Une stratégie argumentative efficace
B. Les critiques adressées à la guerre
III) La leçon exemplaire de Grandgousier en faveur du pacifisme
A. La mise en valeur didactique du bienfait du pacifisme
B. La mise en pratique du pacifisme
Conclusion
Texte analysé:
Touquedillon fut présenté à Grandgousier et interrogé par celui-ci sur l'entreprise et affaires de Picrochole, quelle fin il prétendait par ce tumultuaire vacarme. A quoi répondit que sa fin et sa destinée était de conquêter tout le pays, s'il pouvait, pour l'injure faite à ses fouaciers.
"C'est, dit Grandgousier, trop entrepris : qui trop embrasse peu étreint. Le temps n'est plus d'ainsi conquêter les royaumes avec dommage de son prochain frère Christian. Cette imitation des anciens Hercules, Alexandres, Annibals, Scipions, Césars et autres tels, est contraire à la profession de l'évangile, par lequel nous est commandé garder, sauver, régir et administrer chacun ses pays et terres, non hostilement envahir les autres, et ce que les Sarrasins et barbares jadis appelaient prouesses, maintenant nous appelons briganderies et méchancetés. Mieux eût-il fait soi contenir en sa maison, royalement la gouvernant, qu'insulter en la mienne, hostilement la pillant, car par bien la gouverner l'eût augmentée, par me piller sera détruit.
« Allez-vous-en, au nom de Dieu, suivez bonne entreprise, remontrez à votre roi les erreurs que connaîtrez, et jamais ne le conseillez ayant égard à votre profit particulier, car avec le commun est aussi le propre perdu. Quant est de votre rançon, je vous la donne entièrement, et veux que vous soient rendus armes et cheval ».
Rabelais, Gargantua, 1532, Chapitre 46, « Qui trop embrasse peu étreint »