Résumé
Commentaire de texte dans le cadre d'un cours d'Histoire contemporaine (bac +2) se basant sur un extrait de l'ouvrage
La Vie d'un simple d'Emile Guillaumin. Ce passage décrit la visite du propriétaire, M. Fauconnet, chez le père du narrateur, Bérot.
En quoi le fermage montre-t-il la supériorité sociale du propriétaire sur le laboureur ?
Extrait:
Au XIXe siècle, la population rurale se divisait entre propriétaires terriens et non-propriétaires terriens, mais aussi entre exploitants et non-exploitants. Dans le texte proposé, extrait de
La Vie d'un simple, d'Emile Guillaumin, le narrateur décrit la vie d'un fermier, son père, et plus particulièrement les visites du propriétaire M. Fauconnet (...)
Plan du commentaire:
Introduction
I) Le principe du fermage
II) Les relations entre le fermier et le propriétaire
Conclusion
Texte analysé:
M. Fauconnet venait chez nous tous les quinze jours à peu près, à cheval ou en voiture, selon l'état des chemins. Les femmes se précipitaient pour tenir sa monture, appelaient bien vite mon père qui s'empressait d'accourir - tant loin fut-il - pour lui montrer les récoltes et les bêtes, lui donner toutes explications désirables.
M. Fauconnet tutoyait tout le monde, jeunes et vieux, hommes et femmes [...]. Les mauvaises années, mon père lui adressait force plaintes et lui demandait une diminution de charges. A quoi il répondait : « Tu te fais toujours du mauvais sang, Bérot ; tu ne feras pas de vieux os, mon ami ! Une réduction... Mais tu n'y penses pas ! Quand tu ne gagnes rien, moi je ne gagne rien non plu, vieux farceur. Et quand çà va bien, est-ce que je t'augmente ? » Lorsqu'il s'agissait, à la Saint-Martin, de régler les comptes de l'année, on s'efforçait de se rappeler à quelles foire on avait vendu des bêtes et à quel prix. Mais personne ne sachant faire un chiffre, il était difficile de se remémorer tout cela de tête, et plus encore de faire les totaux, de déterminer quelle somme exacte restait comme bénéfice [...]. M. Fauconnet, au jour du règlement, avait vite tranché les questions, lui. Il disait, son papier à la main : « Les achats se montent à tant, les ventes à tant ; il te revient tant, Bérot... » Les mauvaises années, cette somme était insignifiante ; il y eu même déficit à deux ou trois reprises. On ne touchait jamais plus de deux ou trois cents francs. Souvent mon père, ayant espéré mieux, risquait une observation : « Monsieur, je croyais pourtant avoir à toucher davantage... » Le visage du maître prenait tout de suite un mauvais plissement : « Comment davantage ? Est-ce que tu me prends pour un voleur, Bérot ? S'il en est ainsi je vais te prier de chercher un autre maître qui ne te vole pas. » Et le pauvre homme, alors, très humblement : « Je ne veux pas dire cela, monsieur Fauconnet, bien sûr que non ! » - « A la bonne heure, parce que, tu sais, les laboureurs ne manquent pas : après toi, un autre. »