Résumé
Commentaire composé sur le texte de Saint Augustin
Le vol des poires, dans Les Confessions (livre II, chapitre 4), puis fiche synthétisant le commentaire pour une révision.
Extrait:
L'écriture autobiographique n'a pas ici pour fonction de livrer la vérité d'un homme mais de convaincre de l'importance de la relation entre l'homme et Dieu. L'extrait proposé, fondateur du genre autobiographique, dépasse le cadre strictement anecdotique pour illustrer la nécessité de la conversion, tout en cherchant essentiellement à atteindre Dieu, à le louer auprès des autres, mais aussi à lui prouver sa totale conversion. Nous allons étudier en quoi le projet autobiographique de Saint Augustin rejoint sa foi.
Plan du commentaire:
Introduction
I) Une autobiographie originale à deux destinataires
II) Un vol de poires transformé en pêché impardonnable
III) La résonance de cet acte dans la religion
Conclusion
Texte analysé:
Certes votre loi, Seigneur, condamne le larcin, une loi gravée dans le coeur des hommes, et que leur iniquité même n'abolit pas. Quel voleur accepte qu'on le vole ? Le riche n'admet pas l'excuse de l'indigence. Eh bien ! moi, j'ai voulu voler, et j'ai volé sans que la misère m'y poussât, rien que par insuffisance et mépris du sentiment de justice, par excès d'iniquité. Car j'ai volé ce que je possédais en abondance et de meilleure sorte. Ce n'est pas l'objet convoité par mon vol que je voulais jouir, mais du vol même et du pêché.
Il y avait dans le voisinage de notre vigne un poirier chargé de fruits qui n'avaient rien de tentant, ni la beauté ni la saveur. En pleine nuit (selon notre exécrable habitude nous avions prolongé jusque-là nos jeux sur les places), nous nous en allâmes, une bande de mauvais garçons, secouer cet arbre et en emporter les fruits. Nous en fîmes un énorme butin, non pour nous en régaler, mais pour les jeter aux porcs. Sans doute nous en mangeâmes un peu, mais notre seul plaisir fut d'avoir commis un acte défendu.
Voilà mon coeur, ô Dieu, voilà mon coeur dont vous avez eu pitié au fond de l'abîme. Qu'il vous dise maintenant, ce coeur que voilà, ce qu'il cherchait dans cet abîme, pour faire le mal sans raison, sans autre raison de le faire que sa malice même. Malice honteuse, et je l'ai aimée ; j'ai aimé ma propre perte ; j'ai aimé ma chute ; non l'objet qui me faisait choir, mais ma chute même, je l'ai aimée. Ô laideur de l'âme qui abandonnait votre soutien pour sa ruine, et ne convoitait dans l'infamie que l'infamie elle-même.