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Document présent dans la catégorie Littérature

Littérature

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Molière, "Dom Juan", Acte I scène 2

Littérature | 2 pages | 24-06-2008 | Format : Document Microsoft Word | Note : 8.00/10 |

PRIX : 1.80€ |
Résumé

Analyse de la tirade de Don Juan extraite de la deuxième scène de l'acte I de l'oeuvre Dom Juan de Molière.

Extrait:

L'hédonisme est une morale qui fait du plaisir le but de la vie. Dans cet extrait, cette morale est mise en évidence par l'évocation par Dom Juan du changement. Celui-ci est vital pour le personnage. En effet, on peut relever le champ lexical de la mort : « s'ensevelir pour toujours », « être mort », « nous nous endormons dans la tranquillité », « tout le plaisir est dans le changement » (...)

Plan:

Introduction

I) L'hédonisme (morale qui fait du plaisir le but de la vie)

A. L'idée de changement
B. Evocation de la beauté et du plaisir

II) Sa conception de l'amour

A. Un combat infini
B. La lutte des femmes

Conclusion

Texte analysé:

DOM JUAN — Quoi ? Tu veux qu'on se lie à demeurer au premier objet qui nous prend, qu'on renonce au monde pour lui, et qu'on n'ait plus d'yeux pour personne ? La belle chose de vouloir se piquer d'un faux honneur d'être fidèle, de s'ensevelir pour toujours dans une passion, et d'être mort dés sa jeunesse, à toutes les autres beautés qui nous peuvent frapper les yeux : non, non, la constance n'est bonne que pour des ridicules, toutes les Belles ont droit de nous charmer, et l'avantage d'être rencontrée la première, ne doit point dérober aux autres les justes prétentions qu'elles ont toutes sur nos coeurs. Pour moi, la beauté me ravit par tout où je la trouve ; et je cède facilement à cette douce violence, dont elle nous entraîne ; j'ai beau être engagé, l'amour que j'ai pour une belle, n'engage point mon âme à faire injustice aux autres ; je conserve des yeux pour voir le mérite de toutes, et rends à chacune les hommages, et les tributs où la nature nous oblige. Quoi qu'il en soit, je ne puis refuser mon coeur à tout ce que je vois d'aimable, et dés qu'un beau visage me le demande, si j'en avais dix mille, je les donnerais tous. Les inclinations naissantes après tout, ont des charmes inexplicables, et tout le plaisir de l'amour est dans le changement. On goûte une douceur extrême à réduire par cent hommages le coeur d'une jeune beauté, à voir de jour en jour les petits progrès qu'on y fait ; à combattre par des transports, par des larmes, et des soupirs, l'innocente pudeur d'une âme, qui a peine à rendre les armes ; à forcer pied à pied toutes les petites résistances qu'elle nous oppose, à vaincre les scrupules dont elle se fait un honneur, et la mener doucement, où nous avons envie de la faire venir. Mais lors qu'on en est maître une fois, il n'y a plus rien à dire, ni rien à souhaiter, tout le beau de la passion est fini, et nous nous endormons dans la tranquillité d'un tel amour, si quelque objet nouveau ne vient réveiller nos désirs, et présenter à notre coeur les charmes attrayants d'une conquête à faire. Enfin, il n'est rien de si doux, que de triompher de la résistance d'une belle personne ; et j'ai sur ce sujet l'ambition des Conquérants, qui volent perpétuellement de victoire en victoire, et ne peuvent se résoudre à borner leurs souhaits. Il n'est rien qui puisse arrêter l'impétuosité de mes désirs, je me sens un coeur à aimer toute la terre ; et comme Alexandre, je souhaiterais qu'il y ait d'autres mondes, pour y pouvoir étendre mes conquêtes amoureuses.

Molière, Dom Juan (Acte Premier, Scène 2)


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