Résumé
Commentaire composé entièrement rédigé du poème
Une Charogne tiré du recueil de Baudelaire
Les Fleurs du Mal.
Extrait:
Le vocabulaire amoureux est particulièrement développé. En effet, le personnage est très tendre avec sa dulcinée. Nous noterons par ailleurs la multiplication des apostrophes et des désignations romantiques et élogieuses, célébrant la beauté de la femme, divinisée : « Etoile de mes yeux, soleil de ma nature, Vous, mon ange et ma passion! » (v39-40), « ô la reine des grâces » (v41), « ô ma beauté! » (v45). La reprise des expressions amoureuses traditionnelles renforce l'idée selon laquelle ce poème semblerait n'être qu'une simple anecdote d'un couple (...)
Sommaire:
Introduction
I) Le récit d'une anecdote : Une déclaration d'amour ?
A. Souvenir d'un couple amoureux
B. énonciation amoureuse
C. Description réaliste
II) Structure du poème : Comparaison/La charogne/Une fleur...
A. La fusion du laid et du beau et l'ironie qui s'en dégage
1. Le tableau de l'horreur
2. Le choc des oppositions
B. Comparaison de la femme et de la charogne
1. Le faux éloge romantique, la vraie comparaison cynique
2. Les associations de l'érotisme et de la mort (Eros et Thanatos)
C. Esthétisations de la Charogne...
1. Une charogne morte vivante
2. Ambivalence de la charogne
III) Sublimation par la poésie...
A. Transformer la boue en or : la fonction de l'art
1. Rôle de l'artiste
2. La sublimation par l'écriture
B. Momento Mori...
1. La mort
2. La puissance su poète...
Conclusion
Poème analysé:
Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d'été si doux:
Au détour d'un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,
Le ventre en l'air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d'exhalaisons.
Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu'ensemble elle avait joint;
Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s'épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l'herbe
Vous crûtes vous évanouir.
Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D'où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.
Tout cela descendait, montait comme une vague
Ou s'élançait en pétillant
On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
Vivait en se multipliant.
Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l'eau courante et le vent,
Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.
Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
Une ébauche lente à venir
Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
Seulement par le souvenir.
Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d'un oeil fâché,
Epiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu'elle avait lâché.
- Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion!
Oui! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Apres les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.
Alors, ô ma beauté! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
De mes amours décomposés!