Résumé
Exposé sur les notions d'humanité et d'animalité dans la littérature concentrationnaire de Paul Célan, Robert Antelme et Primo Levi.
Extrait:
Si les transferts métaphoriques entre règne humain et règne animal ont constitué depuis longtemps en littérature un motif esthétique riche et intellectuellement pertinent pour comparer deux manières d'être au monde et interroger la frontière entre nature et culture, ce topos du bestiaire a pris, avec la littérature des camps une dimension inédite et tragique. En effet, pour la première fois dans l'histoire, la représentation philosophique et biologique d'une coupure ontique entre les hommes et les autres êtres vivants est à cette époque directement remise en cause à un niveau idéologique avec le crédo nazi, mais aussi concrètement éprouvée dans son application avec l'expérience des camps, en passant de la théorie radicale à la pratique soldée par l'entreprise génocidaire (...)
Sommaire:
Introduction
I) Une description animalisante des victimes
A. La déshumanisation physique des prisonniers
B. La perte des capacités cognitives
C. Le traitement des images
II) La nécessité de repenser ces 2 notions d'humanité et d'animalité, autrement que comme une dichotomie absolue où chacune serait spécifiquement attribuée au groupe des bourreaux ou à celui des victimes
A. La déshumanisation physique et morale des nazis : l'aspect monstrueux de la culture
B. La dialectique du maître et de l'esclave
C. La représentation de l'unicité de l'espèce humaine
Conclusion