Résumé
Après l'exposition Van Gogh à l'Orangerie en janvier 1947, Artaud décide d'entreprendre l'écriture d'un essai sur le peintre (
Van Gogh le suicidé de la société) . Il prend la défense de cet artiste au sujet duquel les psychiatres ont employé le mot de "folie" et dont l'oeuvre, par les "insupportables vérités" qu'elle mettait en lumière, dérangeait la société.
Extrait-:
C'est après l'exposition Van Gogh à l'Orangerie, en janvier 1947, qu'Antonin Artaud décide d'écrire son essai sur le peintre. Une suggestion de Pierre Loeb serait indirectement à l'origine de ce projet, suggestion induite par l'idée que nul mieux qu'un poète ayant fait l'expérience de neuf années d'internement en asile psychiatrique ne saurait comprendre la peinture d'un artiste considéré lui-même comme un aliéné. D'après une étude du docteur Beer sur la folie du peintre, dont Artaud prend connaissance dans un article paru dans la revue
ARTS datant du 31 janvier 1947, Van Gogh aurait été atteint de "psychopathologie constitutionnelle", maladie qui n'aurait cessé de s'agraver tout au long de son existence. Le psychiatre pense cependant que l'artiste était toujours "parfaitement lucide dans l'exercice de son art" et que, par conséquent, rien ne peut prouver que son génie soit dû à la maladie (...)