Résumé
Le droit de disposer de son corps et le droit à l'intégrité physique sont les plus fondamentales des libertés physiques. L'inviolabilité et l'indisponibilité du corps humain, « libertés siamoises », semblent s'imposer d'évidence dés 1788 (abolition de la torture en France). D'ailleurs, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen ne les mentionne même pas. Mais, tout a changé lorsque les progrès fulgurants de la science (la biologie, en particulier) ont engendré un débat autour de ces libertés. Ceci entraînant une distinction philosophique entre l'être et l'avoir du corps humain. Puis, le champ de ce débat s'est rapidement agrandi, puisque la biologie est une science qui concerne tout le vivant, pas seulement l'homme. On a cherché à poser des « règles » morales à la biologie. Ainsi, est apparu le concept de « bioéthique ». Ainsi, on peut définir la bioéthique comme une partie de l'éthique. En tant que telle, elle est une recherche de normes morales applicables aux sciences du vivant, y compris la médecine. Le terme « éthique » provient du grec « êthos » qui, comme le latin « mores », renvoie au comportement, aux moeurs. Il s'agit donc, au sens strict, des comportements qu'il faut avoir dans le domaine des sciences de la vie et de la santé.
Quels débats, tant juridiques que philosophique, la bioéthique génèrent-elles aujourd'hui ?
Nous aborderons tout d'abord la question de l'inviolabilité di corps humain (I), puis, celle de son indisponibilité (II), enfin, nous verrons que la bioéthique concerne également l'intervention sur les milieux et les êtres vivants non humains (III) (...)
Sommaire:
Introduction
I) L'inviolabilité du corps humain, un principe posé expressément
II) Un principe de protection essentielle en bioéthique : l'indisponibilité du corps humain
III) Autres enjeux de la bioéthique, intervention sur les êtres et les milieux non humains