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Camus, "La Peste", épilogue

Littérature | 5 pages | 06-05-2008 | Format : Document Adobe Acrobat PDF | Note : Non noté

PRIX : 1.80€ |
Résumé

Commentaire composé sur l'epilogue de l'oeuvre d'Albert Camus La Peste.

Extrait:

- C'est par ce texte que se clôt le récit de La Peste. En janvier, après neuf mois de lutte incessante contre la peste, les médecins constatent un net recul de l'épidémie. Le narrateur qui était volontairement anonyme pour préserver le lecteur de toute influence se nomme enfin : c'est le docteur Rieux, le personnage principal du récit. Il consacre alors les dernières pages de l'œuvre de sa chronique à la délivrance d'Oran. Par une belle matinée de février, les portes de la ville s'ouvrent enfin au monde extérieur dont les Oranais étaient séparés. La joie éclate alors dans toute la ville et les réjouissances s'organisent (...)

Sommaire:

Introduction

I) Une ville joyeuse symbolisant l'humanité entière

A. Une liesse nocturne
B. Une ville qui incarne l'ensemble de la communauté humaine

II) La méditation solitaire de Rieux

A. Un témoignage de solidarité
B. Une réflexion humaniste et lucide

III) Le dénouement d'un récit allégorique

A. La peste : une allégorie
B. La conclusion d'une chronique

Conclusion

Texte analysé:

Du port obscur montèrent les premières fusées des réjouissances officielles. La ville les salua par une longue et sourde exclamation. Cottard,* Tarrou,* ceux et celle que Rieux avait aimés et perdus, tous, morts ou coupables, étaient oubliés. Le vieux * avait raison, les hommes étaient toujours les mêmes. Mais c'était leur force et leur innocence et c'est ici que, par-dessus toute douleur, Rieux sentait qu'il les rejoignait. Au milieu des cris qui redoublaient de force et de durée, qui se répercutaient longuement jusqu'au pied de la terrasse, à mesure que les gerbes multicolores s'élevaient plus nombreuses dans le ciel, le docteur Rieux décida alors de rédiger le récit qui s'achève ici, pour ne pas être de ceux qui se taisent, pour témoigner en faveur de ces pestiférés, pour laisser du moins un souvenir de l'injustice et de la violence qui leur avaient été faites, et pour dire simplement ce qu'on apprend au milieu des fléaux, qu'il y a dans les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser.
Mais il savait cependant que cette chronique ne pouvait pas être celle de la victoire définitive. Elle ne pouvait être que le témoignage de ce qu'il avait fallu accomplir et que, sans doute, devraient accomplir encore, contre la terreur et son arme inlassable, malgré leurs déchirements personnels, tous les hommes qui, ne pouvant être des saints et refusant d'admettre les fléaux, s'efforcent cependant d'être des médecins.
Ecoutant, en effet, les cris d'allégresse qui montaient de la ville, Rieux se souvenait que cette allégresse était toujours menacée. Car il savait ce que cette foule en joie ignorait, et qu'on peut lire dans les livres, que le bacille de la peste ne meurt ni ne disparaît jamais, qu'il peut rester pendant des dizaines d'années endormi dans les meubles et le linge, qu'il attend patiemment dans les chambres, les caves, les malles, les mouchoirs et les paperasses, et que, peut-être, le jour viendrait où, pour le malheur et l'enseignement des hommes, la peste réveillerait ses rats et les enverrait mourir dans une cité heureuse.


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