Résumé
Commentaire composé sur le texte d'Albert Camus intitulé "Le ciel de New York", tiré de ses
Carnets.
Extrait:
- Albert Camus découvre New York au cours d'un voyage en Amérique du Nord de mars à mai 1946, contrairement à Jean-Paul Sartre qui aimait cette ville, il y voit un « désert de fer et de béton ».
- Il note ses impressions de voyage dans ses
Carnets, d'où est tirée cette page.
- Elle révèle que la métropole américaine révèle certes son intérêt et que ses habitants suscitent une curiosité teintée tantôt de sympathie, tantôt d'antipathie.
- Mais ce qui le touche le plus, c'est son ciel, embrasé par les feux du soleil couchant.
(...)
Sommaire:
Introduction
I) UN INTERET POLI POUR LA VILLE DE NEW YORK
A. Les repères topographiques
B. Deux signes distinctifs
C. L'absence d'enthousiasme
II) LE REGARD SUR LES HABITANTS
A. Enfants et vieillards
B. Les femmes
C. Un regard empreint d'amertume
III) UNE EMOTION SINCERE DEVANT LE SOLEIL COUCHANT
A. La beauté des crépuscules
B. L'immensité du ciel
C. Le couchant
Conclusion
texte analysé:
Peut-être que New York n'est plus rien sans son ciel. Tendu aux quatre coins de l'horizon, nu et démesuré, il donne à la ville sa gloire matinale et la grandeur de ses soirs, à l'heure où un couchant enflammé s'abat sur la VIII° Avenue et sur le peuple immense qui roule entre ses devantures, illuminées bien avant la nuit. Il y a aussi certains crépuscules sur le Riverside(1), quand on regarde l'autostrade(2) qui remonte la ville, en contrebas, le long du Hudson(3), devant les eaux rougies par le couchant; et la file ininterrompue des autos au roulement doux et bien huilé laisse soudain monter un chant alterné qui rappelle le bruit des vagues. Je pense à d'autres soirs enfin, doux et rapides à vous serrer le cœur, qui empourprent les vastes pelouses de Central Park, à hauteur de Harlem(1). Des nuées de négrillons s'y renvoient une balle avec une batte de bois, au milieu de cris joyeux, pendant que de vieux Américains, en chemise à carreaux, affalés sur des bancs, sucent avec un reste d'énergie des glaces moulées dans du carton pasteurisé, des écureuils à leurs pieds fouissant la terre à la recherche de friandises inconnues. Dans les arbres du parc, un jazz d'oiseaux salue l'apparition de la première étoile au-dessus de l'Imperial State(4) et des créatures aux longues jambes arpentant les chemins d'herbe dans l'encadrement des grands buildings, offrant au ciel un moment détendu leur visage splendide et leur regard sans amour.