Résumé
Commentaire composé sur
La ballade des pendus de François Villon.
Extrait:
Ce poème est lu le plus souvent comme un poème autobiographique. Villon a eu des démêlés avec la justice et a été une fois condamné à mort, il a été gracié. Peu après cette affaire où il échappe à sa pendaison, on perd sa trace. Pendant longtemps, on a voulu croire que Villon a composé ce texte dans sa prison dans l'attente de sa pendaison. Cet avis est abusif, et n'enlève rien à la beauté et à la force du poème. Il y a le problème du titre : dans certains manuscrits, il est appelé « Ballade », dans d'autres, il parle de « L'épitaphe Villon » et le plus connu est « La Ballade des pendus ».
Sommaire:
Introduction
I) Une prière touchante qui cherche l'émotion
II) Le tableau macabre destiné à frapper le lecteur
Conclusion
Poème:
Frères humains qui après nous vivez
N'ayez les coeurs contre nous endurciz,
Car, ce pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tost de vous merciz.
Vous nous voyez ci, attachés cinq, six
Quant de la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéca devorée et pourrie,
Et nous les os, devenons cendre et pouldre.
De nostre mal personne ne s'en rie:
Mais priez Dieu que tous nous veuille absouldre!
Se frères vous clamons, pas n'en devez
Avoir desdain, quoy que fusmes occiz
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n'ont pas le sens rassiz;
Excusez nous, puis que sommes transsis,
Envers le filz de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l'infernale fouldre
Nous sommes mors, ame ne nous harie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!
La pluye nous a débuez et lavez,
Et le soleil desséchez et noirciz:
Pies, corbeaulx nous ont les yeulx cavez
Et arraché la barbe et les sourciz.
Jamais nul temps nous ne sommes assis;
Puis ca, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charie,
Plus becquetez d'oiseaulx que dez à couldre.
Ne soyez donc de nostre confrarie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!
Prince Jhésus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie:
A luy n'avons que faire ne que souldre.
Hommes, icy n'a point de mocquerie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!