Résumé
Commentaire composé semi-rédigé de l'extrait de "Clarté" intitulé
La Mort du soldat d'Henri Barbusse
Extrait:
La mort perçue comme un sommeil
- La mort est ressentie par le personnage Simon Paulin comme un sommeil qui s'abat sur lui et contre lequel il ne peut rien.
- (...)
Sommaire:
Introduction
I) La mort
A. La mort perçue comme un sommeil
B. La lutte contre la mort
C. Le discours du personnage
II) La femme
A. L'image de la femme
B. La femme aimée
C. Qui est vraiment Marie ?
III) Un glissement
A. Un climat onirique
B. De la blessure de la chair à la blessure du coeur
C. Les procédés mis en oeuvre
Conclusion
Texte analysé:
Pendant la guerre de 1914-1918, le narrateur Simon Paulin, soldat blessé
est étendu sur le champ de bataille au milieu des blessés et des cadavres.
Le soir tombe, les coups de canon se font toujours entendre ...
Je suis comme ceux qui s'endorment, comme les enfants. Je m'affaiblis, je
m'adoucis, je ferme les yeux ; je rêve à la maison. Je ne voudrais pas
mourir, je me supplie de ne pas mourir, et j'ouvre les yeux et je cherche
les brancardiers qui peut-être, justement pensent à moi... Je rêve à la
maison.
Là-bas, on se met sans doute à plusieurs pour supporter les soirées, avant
de se retirer dans l'immobilité familière des chambres et de s'endormir au
milieu des choses qui ne se réveillent jamais.. Marie (1) est là, et d'autres
femmes, en train d'apprêter le dîner ; la maison devient une odeur de
cuisine. J'entends Marie qui parle, debout, puis assise à table. J'entends le
bruit du couvert qu'elle remue sur la nappe en s'installant. Ensuite,
comme quelqu'un a approché l'allumette de la lampe, en soulevant le
verre, Marie se lève pour aller fermer les volets. Elle ouvre la fenêtre. Elle
se penche, ses bras s'écartent ; mais elle reste un instant plongée dans la
nuit nue. Elle a un frisson que j'ai. Au loin, naissante dans l'ombre, elle
regarde comme moi. Nos yeux se sont rencontrés. C'est vrai, puisque
cette nuit, c'est la sienne aussi bien que la mienne, la même nuit, et la
distance n'est pas quelque chose de palpable ni de réel ; la distance n'est
rien. C'est vrai, ce grand contact étroit.
Où suis-je ? Où est Marie ? Et même qu'est-ce qu'elle est ? Je ne sais pas,
je ne sais pas. J'ignore la blessure de ma chair, et est-ce que je sais la
blessure de mon coeur ?
Henri BARBUSSE, Clarté (roman)
(1) Marie : l'épouse du narrateur