Résumé
Commentaire composé semi-rédigé sur un extrait du poème de Verhaeren intitulé
Les Usines.
Extrait:
Le long poème
Les Usines constitue un ensemble de 104 vers dont nous n'étudierons ici qu'un extrait. Le texte se présente comme un formidable crescendo. En étudiant les mots, les sons, les rythmes, la structure du poème, nous verrons comment le poète transpose en une puissante vision épique la réalité, alors nouvelle, des cités industrielles (...)
Sommaire:
Introduction
I) Le décor industriel
A. Microcosme
II) La déshumanisation
A. La robotisation
B. La solitude
III) La transfiguration visionnaire
A. Les métaphores
B. Eclatement cosmique
Conclusion
Texte analysé:
Automatiques et minutieux,
Des ouvriers silencieux
Règlent le mouvement
D'universel tictacquement
Qui fermente de fièvre et de folie
Et déchiquette, avec ses dents d'entêtement,
La parole humaine abolie.
Plus loin, un vacarme tonnant de chocs
Monte de l'ombre et s'érige par blocs ;
Et, tout à coup, cassant l'élan des violences,
Des murs de bruit semblent tomber
Et se taire, dans une mare de silence,
Tandis que les appels exacerbés
Des sifflets crus et des signaux
Hurlent soudain vers les fanaux,
Dressant leurs feux sauvages,
En buissons d'or, vers les nuages.
Et tout autour, ainsi qu'une ceinture,
Là-bas, de nocturnes architectures,
Voici les docks, les ports, les ponts, les phares
Et les gares folles de tintamarres ;
Et plus lointains encor des toits d'autres usines
Et des cuves et des forges et des cuisines
Formidables de naphte et de résines
Dont les meutes de feu et de lueurs grandies
Mordent parfois le ciel, à coups d'abois et d'incendies.