Résumé
Commentaire composé semi-rédigé d'un extrait du deuxième chapitre de
Quatre-vingt-treize de Victor Hugo.
Extrait:
Au moment du texte, il s'agit de l'époque de la chute des Girondins, le 28 juin 1793. Les trois hommes, Robespierre, Danton et Marat sont donc au sommet de leur pouvoir. Ils veulent s'entendre pour accentuer leur puissance et pourquoi pas former un "Triumvirat" (...)
Sommaire:
Introduction
I) Objectivité et réalisme historique
A. La mise en scène d'une réunion tout à fait vraisemblable
B. Les trois portraits tout à fait véridiques
II) La dimension épique et mythique
A. Une mise en scène non hasardeuse
B. Le jeu des contrastes
Conclusion
Texte analysé:
Le premier de ces trois hommes était pâle, jeune, grave, avec les
lèvres minces et le regard froid. Il avait dans la joue un tic nerveux
qui devait le gêner pour sourire. Il était poudré, ganté, brossé,
boutonné ; son habit bleu clair ne faisait pas un pli. Il avait une
culotte de nankin, des bas blancs, une haute cravate, un jabot
plissé, des souliers à boucles d'argent. Les deux autres hommes
étaient, l'un, une espèce de géant, l'autre, une espèce de nain. Le
grand, débraillé dans un vaste habit de drap écarlate, le col nu dans
une cravate dénouée tombant plus bas que le jabot, la veste ouverte
avec des boutons arrachés, était botté de bottes à revers et avait les
cheveux tout hérissés, quoiqu'on y vît un reste de coiffure et
d'apprêt ; il y avait de la crinière dans sa perruque. Il avait la petite
vérole sur la face, une ride de colère entre les sourcils, le pli de la
bonté au coin de la bouche, les lèvres épaisses, les dents grandes, un
poing de portefaix, l'oeil éclatant. Le petit était un homme jaune
qui, assis, semblait difforme ; il avait la tête renversée en arrière, les
yeux injectés de sang, des plaques livides sur le visage, un mouchoir
noué sur ses cheveux gras et plats, pas de front, une bouche énorme
et terrible. Il avait un pantalon à pied, des pantoufles, un gilet qu
i semblait avoir été de satin blanc, et par-dessus ce gilet une roupe
dans les plis de laquelle une ligne dure et droite laissait deviner un
poignard.
Le premier de ces hommes s'appelait Robespierre, le second
Danton, le troisième, Marat.