Résumé
Lecture analytique du dixième chapitre des
Misérables de Victor Hugo : "La plateau de Mont Saint-Jean".
Extrait:
- Victor Hugo mêle à cette histoire des reconstitutions historiques, comme celle de la bataille de Waterloo qui, le 18 juin 1815, mit fin au Premier Empire et fut un terrible massacre.
- Si Victor Hugo sait donner à son récit un souffle épique, il n'en montre pas moins, en une évocation réaliste et minutieuse, l'horreur des combats inhumains (...)
Souligner:
Introduction
I) Une image précise et technique de la guerre
A. Les termes techniques
B. Les verbes d'action
II) La réciprocité destructrice des actions
A. Un jeu d'alternance entre les deux groupes
B. Des actions similaires
III) La vision d'un combat « monstrueux »
A. Les procédés du grandissement épique
B. L'association finale
Conclusion
Texte analysé:
Alors ce fut effrayant.
Toutes les faces des carrés anglais furent attaquées à la fois. Un
tournoiement frénétique les enveloppa. Cette froide infanterie demeura
impassible. Le premier rang, genou en terre, recevait les cuirassiers sur
les baïonnettes, le second rang les fusillait ; derrière le second rang les
canonniers chargeaient les pièces, le front du carré s'ouvrait, laissait
passer une éruption de mitraille et se refermait. Les cuirassiers
répondaient par l'écrasement. Leurs grands chevaux se cabraient,
enjambaient les rangs, sautaient par-dessus les baïonnettes et tombaient,
gigantesques, au milieu de ces quatre murs vivants. Les boulets faisaient
des trouées dans les cuirassiers, les cuirassiers faisaient des brèches dans
les carrés. Des files d'hommes disparaissaient broyées sous les chevaux.
Les baïonnettes s'enfonçaient dans les ventres de ces centaures. De là
une difformité de blessures qu'on n'a pas vue peut-être ailleurs. Les
carrés, rongés par cette cavalerie forcenée, se rétrécissaient sans
broncher. Inépuisables en mitraille, ils faisaient explosion au milieu des
assaillants. La figure de ce combat était monstrueuse. Ces carrés n'étaient
plus des bataillons, c'étaient des cratères ; ces cuirassiers n'étaient plus
une cavalerie, c'était une tempête. Chaque carré était un volcan attaqué
par un nuage ; la lave combattait 1a foudre.
VICTOR HUGO, Les Misérables, 1862