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Littérature

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La Bruyère, "Caractères", "De la cour"

Littérature | 3 pages | 01-05-2008 | Format : Document Adobe Acrobat PDF | Note : Non noté

PRIX : 3.60€ |
Résumé

Lecture analytique semi-rédigée de l'extrait "De la cour" tiré des Caractères de Jean de La Bruyère.

Extrait:

La Bruyère emploie de nombreuses périphrases comme si le locuteur était dans l'ignorance, comme s'il ne connaissait pas et ne comprenait pas le monde qui l'entoure : "Ceux qui habitent cette contrée" pour désigner les courtisans, "Une épaisseur de cheveux étrangers" pour les perruques (...)

sOMMAIRE:

Introduction

I) Un locuteur étranger

A. Le pronom indéfini on
B. Des formules qui éloignent
C. Nombreuses périphrases et insistance sur l'apparence

II) Les catégories humaines présentées

A. Les vieillards
B. Les jeunes gens
C. Apparence physique des hommes et des femmes
D. Les Grands de la nation

III) Les critiques

A. Manque de naturel
B. Comportements excessifs chez les jeunes gens
C. Les attitudes des Grands

Conclusion

Extrait analysé:

L'on parle d'une région où les vieillards sont galants, polis et civils ; les
jeunes gens au contraire, durs, féroces, sans moeurs ni politesse : ils se
trouvent affranchis de la passion des femmes dans un âge où l'on
commence ailleurs à la sentir ; ils leur préfèrent des repas, des viandes,
et des amours ridicules. Celui-là chez eux est sobre et modéré, qui ne
s'enivre que de vin : l'usage trop fréquent qu'ils en ont fait le leur a rendu
insipide ; ils cherchent à réveiller leur goût déjà éteint par des eaux-devie,
et par toutes les liqueurs les plus violentes ; il ne manque à leur
débauche que de boire de l'eau-forte. Les femmes du pays précipitent le
déclin de leur beauté par des artifices qu'elles croient servir à les rendre
belles : leur coutume est de peindre leurs lèvres, leurs joues, leurs
sourcils et leurs épaules, qu'elles étalent avec leur gorge, leurs bras et
leurs oreilles, comme si elles craignaient de cacher l'endroit par où elles
pourraient plaire, ou de ne pas se montrer assez. Ceux qui habitent cette
contrée ont une physionomie qui n'est pas nette, mais confuse,
embarrassée dans une épaisseur de cheveux étrangers, qu'ils préfèrent
aux naturels et dont ils font un long tissu pour couvrir leur tête : il
descend à la moitié du corps, change les traits, et empêche qu'on ne
connaisse les hommes à leur visage. Ces peuples d'ailleurs ont leur Dieu
et leur roi : les grands de la nation s'assemblent tous les jours, à une
certaine heure, dans un temple qu'ils nomment église ; il y a au fond de
ce temple un autel consacré à leur Dieu, où un prêtre célèbre des
mystères qu'ils appellent saints, sacrés et redoutables ; les grands
forment un vaste cercle au pied de cet autel, et paraissent debout, le dos
tourné directement au prêtre et aux saints mystères, et les faces élevées
vers leur roi, que l'on voit à genoux sur une tribune, et à qui ils semblent
avoir tout l'esprit et tout le coeur appliqués. On ne laisse pas de voir dans
cet usage une espèce de subordination ; car ce peuple paraît adorer le
prince, et le prince adorer Dieu. Les gens du pays le nomment; il est à
quelque quarante-huit degrés d'élévation du pôle, et à plus d'onze cents
lieues de mer des Iroquois et des Hurons.


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