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Littérature

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Le Clézio, "L'Inconnu sur la terre", "Le sommeil"

Littérature | 5 pages | 01-05-2008 | Format : Document Adobe Acrobat PDF | Note : Non noté

PRIX : 3.60€ |
Résumé

Commentaire composé semi-rédigé de l'extrait intitulé "Le sommeil" tiré du roman de Jean-Marie Le Clézio L'Inconnu sur la terre.

Extrait:

1/ Un mouvement de l'impalpable
- Le sommeil est d'abord perçu « comme une brume, comme un gaz ». La description commence par l'impalpable qui correspond à la sensation vague de l'endormissement. Le caractère indécis de la brume se renforce d'une certaine inquiétude liée à cette autre matière volatile qu'est le gaz. Le gaz est insidieux : invisible, il n'en est pas moins présent. Il peut se glisser n'importe où (...)
- (...)

Sommaire:

Introduction

I) Tentative de description du sommeil

A. Un mouvement de l'impalpable
B. Une personne

II) La sensualité

A. L'anesthésie
B. Le plaisir

III) L'harmonie cosmique

A. L'expérience commune
B. La communion entre tous les règnes
C. La métamorphose cosmique

Conclusion

Texte analysé:

Le sommeil

C'est bon de dormir. La nuit, quand tout est arrêté, là, dans les rues
de la ville, quand les bruits sont retombés et qu'il ne reste que la lumière
froide des lampadaires, et quelquefois la lune ronde au-dessus de la mer,
je sens le sommeil venir de toutes parts, comme une brume, comme un
gaz. Il monte des coins noirs, il emplit les cours et les escaliers, il rôde
dans les rues vides, sur les toits des immeubles, il règne dans le ciel
obscur.
Le sommeil est pareil à une personne aussi, parce qu'il regarde et
interroge, et son regard vous fait perdre l'équilibre, vous pousse hors de
la terre. On tombe, comme si on avait oublié les lois qui vous attachent,
on bascule et on tombe, devant les quantités de fenêtres vides.
Son regard vient de l'espace sidéral, mais d'où ? Regard sans yeux,
lumière noire, qui se mêle à l'ombre de la nuit et vous efface. Le regard
appuie sur une certaine zone, au fond de vous du côté du plexus solaire
(1) peut-être, ou bien sur le thymus (2). Appuie, sans faire mal,
anéantissant au contraire toute douleur, élargissant une tache
d'anesthésie. Le regard voit aussi dans notre cerveau, et lentement,
progressivement, tout devient bois, pierre, eau, nuage. Tout se referme,
rentre en sa coquille, se love, s'oublie.
Votre corps bascule, roule en boule, se confond avec quelque
carapace de bousier (3), au bord du chemin. La vie ne se retire pas, non,
elle cesse seulement de voir, de sentir, de comprendre, elle retourne à
l'état premier du monde. Alors le monde, débarrassé de vous, pour
quelques heures, peut enfin bouger, bondir, faire ses gestes. Peut faire
ses excentricités, ses mutations, ses métamorphoses.

J.-M.G. Le Clézio, L'Inconnu sur la terre (1978)

(1) Plexus solaire : amas de filets nerveux situé entre
l'estomac et la colonne vertébrale.
(2) Thymus : glande située dans la gorge.
(3) Bousier : nom de plusieurs espèces de coléoptères qui
se nourrissant des excréments des herbivores (le scarabée
sacré par exemple).


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