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Document présent dans la catégorie Littérature

Littérature

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Duras, "Un barrage contre le pacifique", "La mort des enfants"

Littérature | 5.5 pages | 30-04-2008 | Format : Document Adobe Acrobat PDF | Note : Non noté

PRIX : 3.60€ |
Résumé

Commentaire composé semi-rédigé de l'extrait "La mort des enfants" tiré de l'oeuvre de Marguerite Duras Un barrage contre le Pacifique.

Extrait:

1/ Une masse indifférenciée
- A bien des égards, cette page se présente d'abord comme un document sur les moeurs du peuple indochinois : écrite par un auteur qui a vécu en Indochine, elle offre au lecteur la garantie de l'authenticité, de la chose vue.
- (...)

Sommaire:

Introduction

I) Une évocation réaliste

A. Une masse indifférenciée
B. Les stigmates de la misère
C. La faim
D. L'animalisation

II) Une vision à la fois pathétique et tragique

A. La tonalité du texte
B. La composition du texte
C. L'insensibilité
D. La nature l'emporte sur l'homme
E. La résignation devant l'inévitable

Conclusion

Passage analysé

Jusqu'à un an environ, les enfants vivaient accrochés à leur mère, dans un
sac de coton ceint au ventre et aux épaules. On leur rasait la tête jusqu'à
l'âge de douze ans, jusqu'à ce qu'ils soient assez grands pour s'épouiller
tout seuls et ils étaient nus à peu près jusqu'à cet âge aussi. Ensuite ils se
couvraient d'un pagne de cotonnade. A un an, la mère les lâchait loin
d'elle et les confiait à des enfants plus grands, ne les reprenant que pour
les nourrir, leur donner, de bouche à bouche, le riz préalablement mâché
par elle. Lorsqu'elle le faisait par hasard devant un Blanc, le Blanc
détournait la tête de dégoût. Les mères en riaient. Qu'est-ce que ces
dégoûts-là pouvaient bien représenter dans la plaine ? Il y avait mille ans
que c'était comme ça qu'on faisait pour nourrir les enfants. Pour essayer
plutôt d'en sauver quelque uns de la mort. Car il en mourrait tellement
que la boue de la plaine contenait bien plus d'enfants morts qu'il n'y en
avait qui avaient eu le temps de chanter sur les buffles. Il en mourait
tellement qu'on ne les pleurait plus et que depuis longtemps déjà on ne
leur faisait pas de sépulture. Simplement, en rentrant du travail, le père
creusait un petit trou devant la case et il y couchait son enfant mort. Les
enfants retournaient simplement à la terre comme les mangues, sauvages
des hauteurs, comme les petits singes de l'embouchure du rac. Ils
mouraient surtout du choléra que donne la mangue verte, mais personne
dans la plaine ne semblait le savoir. Chaque année, à la saison des
mangues, on en voyait, perchés sur les branches, ou sous l'arbre, qui
attendaient, affamés, et les jours qui suivaient, il en mourait en plus
grand nombre. Et d'autres, l'année d'après, prenaient la place de ceux-ci,
sur ces mêmes manguiers, et ils mouraient à leur tour car l'impatience
des enfants affamés devant les mangues vertes est éternelle. D'autres se
noyaient dans le rac. D'autres encore mouraient d'insolation ou
devenaient aveugles. D'autres s'emplissaient des mêmes vers que les
chiens errants et mouraient étouffés.

Marguerite Duras, Un Barrage contre le Pacifique (1950)


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