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Montesquieu, "De l'esprit des lois", Livre VIII Chapitres 6 et 7 : "De la corruption du principe de la monarchie"

Littérature | 3 pages | 30-04-2008 | Format : Document Adobe Acrobat PDF | Note : Non noté

PRIX : 3.60€ |
Résumé

Lecture analytique des chapitres 6 et 7 du livre 8 tirés de l'oeuvre de Montesquieu De l'esprit des lois.

Extrait:

Le texte est séparé en de nombreux paragraphes, environ une dizaine. Chaque paragraphe correspond à une thèse et un argument qui se suivent logiquement (...)

Sommaire:

Introduction

I) Une rigueur dialectique dans le plan du texte

II) Les conséquences du refus de s'appuyer sur les corps intermédiaires


A. Sur le plan politique
B. Sur le plan des moeurs : comportement du roi et des sujets

Conclusion

Texte analysé:

Comme les démocraties se perdent lorsque le peuple dépouille le sénat,
les magistrats et les juges de leurs fonctions, les monarchies se
corrompent lorsqu'on ôte peu à peu les prérogatives des corps ou les
privilèges des villes. Dans le premier cas, on va au despotisme de tous ;
dans l'autre, au despotisme d'un seul.
« Ce qui perdit les dynasties de Tsin et de Souï, dit un auteur chinois,
c'est qu'au lieu de se borner, comme les anciens, à une inspection
générale, seule digne du souverain, les princes voulurent gouverner tout
immédiatement par eux-mêmes » L'auteur chinois nous donne ici la cause
de la corruption de presque toutes les monarchies.
La monarchie se perd, lorsqu'un prince croit qu'il montre plus sa puissance
en changeant l'ordre des choses qu'en le suivant ; lorsqu'il ôte les
fonctions naturelles des uns pour les donner arbitrairement à d'autres, et
lorsqu'il est plus amoureux de ses fantaisies que de ses volontés.
La monarchie se perd, lorsque le prince, rapportant tout uniquement à lui,
appelle l'État à sa capitale, la capitale à sa cour, et la cour à sa seule
personne.
Enfin elle se perd, lorsqu'un prince méconnoît son autorité, sa situation,
l'amour de ses peuples ; et lorsqu'il ne sent pas bien qu'un monarque doit
se juger en sûreté, comme un despote doit se croire en péril.
Le principe de la monarchie se corrompt lorsque les premières dignités
sont les marques de la première servitude, lorsqu'on ôte aux grands le
respect des peuples, et qu'on les rend de vils instruments du pouvoir
arbitraire.
Il se corrompt encore plus, lorsque l'honneur a été mis en contradiction
avec les honneurs, et que l'on peut être à la fois couvert d'infamie et de
dignités.
Il se corrompt lorsque le prince change sa justice en sévérité ; lorsqu'il
met, comme les empereurs romains, une tête de Méduse sur sa poitrine ;
lorsqu'il prend cet air menaçant et terrible que Commode faisoit donner à
ses statues.
Le principe de la monarchie se corrompt lorsque des âmes singulièrement
lâches tirent vanité de la grandeur que pourroit avoir leur servitude ; et
qu'elles croient que ce qui fait que l'on doit tout au prince, fait que l'on ne
doit rien à sa patrie.
Mais s'il est vrai (ce que l'on a vu dans tous les temps) qu'à mesure que le
pouvoir du monarque devient immense, sa sûreté diminue ; corrompre ce
pouvoir, jusqu'à le faire changer de nature, n'est-ce pas un crime de lèsemajestécontre
lui.


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