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Montesquieu, "De l'esprit des loi", Livre III Chapitre 3 : "Du principe de la démocratie"

Littérature | 2.5 pages | 30-04-2008 | Format : Document Adobe Acrobat PDF | Note : Non noté

PRIX : 1.80€ |
Résumé

Lecture analytique semi-rédigée du troisième chapitre du livre 3 intitulé "Du principe de la démocratie" tiré de l'oeuvre de Montesquieu De l'esprit des lois.

Extrait:

- Composition très nette : Liens logiques dans les paragraphes 1, 2 et 3 et exemples de différentes périodes dans les paragraphes 4, 5, et 6 pour montrer la différence entre les types de gouvernements
- (...)

Sommaire:

Introduction

I) L'art de l'argumentation
II) La vertu politique
III) Références historiques

Conclusion

Texte analysé:

Il ne faut pas beaucoup de probité pour qu'un gouvernement monarchique
ou un gouvernement despotique se maintiennent ou se soutiennent. La
force des lois dans l'un, le bras du prince toujours levé dans l'autre,
règlent ou contiennent tout. Mais dans un état populaire, il faut un ressort
de plus, qui est la VERTU.
Ce que je dis est confirmé par le corps entier de l'histoire, et très
conforme à la nature des choses. Car il est clair que dans une monarchie
où celui qui fait exécuter les lois se juge au-dessus des lois, on a besoin
de moins de vertu que dans un gouvernement populaire où celui qui fait
exécuter les lois sent qu'il y est soumis lui-même et qu'il en portera le
poids.
Il est clair encore que le monarque qui, par mauvais conseil ou par
négligence, cesse de faire exécuter les lois, peut aisément réparer le mal :
il n'a qu'à changer de conseil, ou se corriger de cette négligence même.
Mais lorsque, dans un gouvernement populaire, les lois ont cessé d'être
exécutées, comme cela ne peut venir que de la corruption de la
république, l'Etat est déjà perdu.
Quand Sylla voulut rendre à Rome la liberté, elle ne put plus la recevoir :
elle n'avait plus qu'un faible reste de vertu; et comme elle en eut toujours
moins, au lieu de se réveiller après César, Tibère, Caïus, Claude, Néron,
Domitien, elle fut toujours plus esclave : tous les coups portèrent sur les
tyrans, aucun sur la tyrannie.
Les politiques grecs, qui vivaient dans le gouvernement populaire, ne
reconnaissaient pas d'autre force qui pût le soutenir que celle de la vertu.
Ceux d'aujourd'hui ne nous parlent que de manufactures, de commerce,
de finances, de richesses, et de luxe même.
Lorsque cette vertu cesse, l'ambition entre dans les coeurs qui peuvent la
recevoir, et l'avarice entre dans tous. Les désirs changent d'objets : ce
qu'on aimait, on ne l'aime plus ; on était libre avec les lois, on veut être
libre contre elles ; chaque citoyen est comme un esclave échappé de la
maison de son maître ; ce qui était maxime, on l'appelle rigueur ; ce qui
était règle, on l'appelle gêne ; ce qui était attention, on l'appelle crainte.
C'est la frugalité qui y est l'avarice, et non pas le désir d'avoir. Autrefois le
bien des particuliers faisait le trésor public ; mais pour lors le trésor public
devient le patrimoine des particuliers. La république est une dépouille ; et
sa force n'est plus que le pouvoir de quelques citoyens et la licence de
tous.


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