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Littérature

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Rousseau, "Emile ou De l'éducation", Livre III : "Mon fils artisan"

Littérature | 3 pages | 29-04-2008 | Format : Document Adobe Acrobat PDF | Note : Non noté

PRIX : 1.80€ |
Résumé

Commentaire composé de l'extrait "Mon fils artisan" tiré du Livre 3 de l'oeuvre de Jean-Jacques Rousseau Emile ou De l'éducation.

Extrait:

Rousseau défend ici sa thèse qui est la nécessité impérative d'avoir un métier. Il avance trois arguments.

1. Argument 1
· Le premier argument annoncé est l'autonomie et l'indépendance.
· L'artisan, de par son métier, échappe aux aléas de la nature et de la malveillance des hommes (...)

Sommaire:

Introduction

I) Arguments en faveur de l'apprentissage d'un métier

A. Argument 1
B. Argument 2
C. Argument 3

II) L'énonciation

A. Les différents interlocuteurs
B. Forme impressive

III) Les références socioculturelles et historiques

A. L'agriculture
B. Les titres de noblesse
C. Acquisition des talents et des connaissances

Conclusion

Texte analysé

L'artisan ne dépend que de son travail ; il est libre, aussi libre que le
laboureur est esclave ; car celui-ci tient à son champ, dont la récolte est à
la discrétion d'autrui. L'ennemi, le prince, un voisin puissant, un procès,
lui peut enlever ce champ ; par ce champ on peut le vexer en mille
manières ; mais partout où l'on veut vexer l'artisan, son bagage est
bientôt fait ; il emporte ses bras et s'en va. Toutefois, l'agriculture est le
premier métier de l'homme : c'est le plus honnête, le plus utile, et par
conséquent le plus noble qu'il puisse exercer. Je ne dis pas à Émile :
Apprends l'agriculture ; il la sait. Tous les travaux rustiques lui sont
familiers ; c'est par eux qu'il a commencé, c'est à eux qu'il revient sans
cesse. Je lui dis donc : Cultive l'héritage de tes pères. Mais si tu perds cet
héritage, ou si tu n'en as point, que faire ? Apprends un métier.
Un métier à mon fils ! mon fils artisan ! Monsieur, y pensez-vous ? J'y
pense mieux que vous, madame, qui voulez le réduire à ne pouvoir jamais
être qu'un lord, un marquis, un prince, et peut-être un jour moins que
rien : moi, je lui veux donner un rang qu'il ne puisse perdre, un rang qui
l'honore dans tous les temps ; je veux l'élever à l'état d'homme ; et, quoi
que vous en puissiez dire, il aura moins d'égaux à ce titre qu'à tous ceux
qu'il tiendra de vous.
La lettre tue, et l'esprit vivifie. Il s'agit moins d'apprendre un métier pour
savoir un métier, que pour vaincre les préjugés qui le méprisent. Vous ne
serez jamais réduit à travailler pour vivre. Eh ! tant pis, tant pis pour vous
! Mais n'importe ; ne travaillez point par nécessité, travaillez par gloire.
Abaissez-vous à l'état d'artisan, pour être au-dessus du vôtre. Pour vous
soumettre la fortune et les choses, commencez par vous en rendre
indépendant. Pour régner par l'opinion, commencez par régner sur elle.
Souvenez-vous que ce n'est point un talent que je vous demande : c'est
un métier, un vrai métier, un art purement mécanique, où les mains
travaillent plus que la tête, et qui ne mène point à la fortune, mais avec
lequel on peut s'en passer.


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