Résumé
Commentaire de texte sur
Zone de Guillaume Apollinaire (de la ligne 1 à la ligne 23).
Extrait:
C'est le poème d'ouverture du recueil
Alcools (1913), mais il parle du centre de Paris, ce qui en fait une ouverture paradoxale : le titre est Zone, alors qu'il est question de la tour Eiffel.
On peut donc penser qu'Apollinaire reprend l'étymologie grecque " ceinture " : il fait à pied le tour de la ville, mais aussi le tour de ses problèmes : interrogations sur lui -même, son enfance, sa religion, les souffrances de l'amour.
Le début du poème propose une opposition essentielle entre les temps anciens et le présent moderne.
On est frappé par l'apparence du poème : certains vers sont détachés, d'autres regroupés en strophes; il n'y a pas réellement de régularité. Les lois de la versification ne sont pas respectées. On ne remarque aucune ponctuation, cependant les vers riment et sont assonancés (...)
Sommaire:
Introduction
I) L'innovation poétique
A. Une énonciation originale
B. L'écriture
II) L'éloge du quotidien et de la modernité
A. Le monde nouveau, opposé au « monde ancien » et à « l'antiquité »
B. Une esthétique nouvelle
Conclusion
Poème:
A la fin tu es las de ce monde ancien
Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin
Tu en as assez de vivre dans l'antiquité grecque et romaine
Ici même les automobiles ont l'air d'être anciennes
La religion seule est restée toute neuve la religion
Est restée simple comme les hangars de Port-Aviation
Seul en Europe tu n'es pas antique ô Christianisme
L'Européen le plus moderne c'est vous Pape Pie X
Et toi que les fenêtres observent la honte te retient
D'entrer dan une église et de t'y confesser ce matin
Tu lis les prospectus les catalogues les affiches qui chantent tout haut
Voilà la poésie ce matin et pour la prose il y a les journaux
Il y a les livraisons à 25 centimes pleines d'aventure policières
Portraits des grands hommes et mille titres divers
J'ai vu ce matin une jolie rue dont j'ai oublié le nom
Neuve et propre du soleil elle était le clairon
Les directeurs les ouvriers et les belles sténo-dactylographes
Du lundi matin au samedi soir quatre fois par jour y passent
Le matin par trois fois la sirène y gémit
Une cloche rageuse y aboie vers midi
Les inscriptions des enseignes et des murailles
Les plaques les avis à la façon des perroquets criaillent
J'aime la grâce de cette rue industrielle
Située à Paris entre la rue Aumont-Thieville et l'avenue des Ternes