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Document présent dans la catégorie Littérature

Littérature

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Giraudoux, "Electre", Acte I Scène 2

Littérature | 2.5 pages | 04-04-2008 | Format : Document Adobe Acrobat PDF | Note : Non noté

PRIX : 1.80€ |
Résumé

Commentaire composé sur l'Acte I Scène 2 de la pièce de théâtre Electre de Giraudoux.

Extrait:

L'extrait se présente comme une conversation à quatre. Celle-ci se compose en réalité d'un double dialogue : entre le président et Agathe d'un côté ; et, de l'autre, l'étranger et le jardinier. Le dialogue entre les époux Théocathoclès confère au passage un air de comédie bourgeoise. L'entretien avec l'étranger achève de camper le personnage d'Electre (...)

Sommaire:

Introduction

I) Une scène de comédie bourgeoise

A. Un couple médiocre
B. Un magistrat dérisoire

II) Une ultime présentation d'Electre

A. La nature d'Electre
B. L'esquisse du rôle d'Electre

Conclusion

Texte analysé:

LE PRESIDENT. Tu as tout à craindre, c'est le type de la femme à histoires.
AGATHE. Et s'il ne s'agissait que de toi ! Notre famille a tout à craindre !
LE JARDINIER. Je ne comprends pas.
LE PRESIDENT. Tu vas la comprendre : la vie peut être très agréable, n'est-ce pas ?
AGATHE. Très agréable. Infiniment agréable !
LE PRESIDENT. Ne m'interromps pas, chérie, surtout pour dire la même chose. Elle peut être très agréable. Tout a plutôt tendance à s'arranger dans la vie. La peine morale s'y cicatrise autrement vite que l'ulcère, et le deuil que l'orgelet. Mais prends au hasard deux groupes d'humains : chacun contient le même dosage de crime, de mensonge, de vice ou d'adultère.
AGATHE. C'est un bien gros mot, " adultère ", chéri.
LE PRESIDENT. Ne m'interromps pas, surtout pour me contredire. D'où vient que dans l'un l'existence s'écoule douce, correcte, les morts s'oublient, les vivants s'accommodent d'eux-mêmes, et que dans l'autre, c'est l'enfer ? C'est simplement que dans le second il y a une femme à histoires.
L'ETRANGER. C'est que le second a une conscience.
AGATHE. J'en reviens à ton mot " adultère ". C'est quand même un bien gros mot !
LE PRESIDENT. Tais-toi, Agathe. Une conscience ! Croyez-vous ! Si les coupables n'oublient pas leurs fautes, si les vaincus n'oublient pas leurs défaites, les vainqueurs leurs victoires, s'il y a des malédictions, des brouilles, des haines, la faute n'en revient pas à la conscience de l'humanité, qui est toute propension vers le compromis et l'oubli, mais à dix ou quinze femmes à histoires !
L'ETRANGER. Je suis bien de votre avis. Dix ou quinze femmes à histoires ont sauvé le monde de l'égoïsme.
LE PRESIDENT. Elles l'ont sauvé du bonheur ! Je la connais, Electre ! Admettons qu'elle soit ce que tu dis, la justice, la générosité, le devoir. Mais c'est avec la justice, la générosité, le devoir, et non avec l'égoïsme et la facilité, que l'on ruine l'Etat, l'individu et les meilleures familles.
AGATHE. Absolument. Pourquoi, chéri ? Tu me l'as dit, j'ai oublié !
LE PRESIDENT. Parce que ces trois vertus comportent le seul élément vraiment fatal à l'humanité, l'acharnement. Le bonheur n'a jamais été le lot de ceux qui s'acharnent. Une famille heureuse, c'est une reddition locale. Une époque heureuse, c'est l'unanime capitulation.


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