Résumé
Commentaire composé semi-rédigé de l'extrait
De la vanité tiré des "Essais" de Mo,taigne.
Extrait:
Dialogue entre Socrate et Phèdre, qui porte successivement sur l'amour, puis sur la rhétorique, c'est-à-dire l'art de bien parler : effet de mise en abyme puisque l'extrait étudié porte précisément sur ce qu'est l'art de bien parler : faut-il une démonstration en droite ligne, qui reste toujours dans l'axe du titre, ou une démonstration qui accepte des éléments mineurs ? (...)
Sommaire:
Introduction
I) La tradition antique, toujours présente chez Montaigne. Les exemples sont variés
A. Le Phèdre de Platon
B. D'autres exemples d'autorité ...
II) La défense directe de Montaigne
A. C'est un charme supplémentaire de la lecture.
B. C'est une méthode
III) La mise en abyme ironique du texte
Conclusion
Texte analysé:
Cette farcissure est un peu hors de mon thème. Je m'égare, mais plutôt
par licence que par mégarde. Mes fantaisies se suivent, mais parfois c'est
de loin, et se regardent, mais d'une vue oblique. J'ai passé les yeux sur tel
dialogue de Platon mi parti d'une fantastique bigarrure, le devant à
l'amour, tout le bas à la rhétorique. Ils ne craignent point ces muances, et
ont une merveilleuse grâce à se laisse ainsi rouler au vent, ou à le
sembler. Les noms de mes chapitres n'en embrassent pas toujours la
matière ; souvent ils la dénotent seulement par quelque marque, comme
ces autres titres : l'Andrie, l'Eunuque, ou ces autres noms : Scylla,
Cicéron, Torquatus. J'aime l'allure poétique, à sauts et à gambades. C'est
un art, comme dit Platon, léger, volage, démoniaque. Il est des ouvrages
en Plutarque où il oublie son thème, où le propos de son argument ne se
trouve que par incident, tout étouffé en matière étrangère : voyez ses
allures au Démon de Socrate. Ô Dieu, que ces gaillardes escapades, que
cette variation a de beauté, et plus lors que plus elle retire au nonchalant
et fortuit. C'est l'indiligent lecteur qui perd mon sujet, non pas moi ; il s'en
trouvera toujours en un coin quelque mot qui ne laisse pas d'être bastant,
quoiqu'il soit serré. Je vais au change, indiscrètement et
tumultueusement. Mon style et mon esprit vont vagabondant de même. Il
faut avoir un peu de folie qui ne veut avoir plus de sottise, disent les
préceptes de nos maîtres et encore plus leurs exemples.